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J’ai parié sur ma mort: l’assurance-vie

Ils disent que dans la vie, il y a deux choses de certaines: les impôts et la mort. Ce qui fait qu’on devrait arrêter de se cacher la tête dans le sable et affronter la vérité: si vous êtes en couple, c’est certain que l’un de vous deux mourra avant l’autre. Et si vous avez des enfants, la probabilité est forte que vous décédiez avant eux. Et c’est pour les protéger, ceux qui restent après nous, qu’on devrait prendre une assurance-vie. Mais laquelle?

Je laissais traîner ça depuis un petit moment. C’est Nico qui a ramené le sujet sur le tapis. On avait commencé des recherches en novembre dernier, quand on a acheté la maison, mais on avait décroché. Après tout, on a TELLEMENT de choses à penser. La maison, la famille, les chats, l’épicerie, le triplex, les rénovations, l’auto qui fait un drôle de bruit, le budget qui débalance

Et puis, l’assurance-vie, c’est un peu parié sur le fait qu’on va mourir. Techniquement, tu verses des sous à une compagnie, si tu vis plus longtemps que tu avais dit, tu perds tes sous. Si tu meurs avant, tu « gagnes » et tu récoltes un petit pactole.

Glauque…

C’est notre budget qui a incité Nico à remettre ça au coeur de nos priorités. On ne se le cachera pas, ma tendre moitié gagne le 2/3 de notre revenu familial. Et c’est grâce à lui que notre bloc est toujours bien entretenu et que notre maison est rénovée comme elle l’est. Je fais, bien entendu, ma part, je suis capable de peinturer comme pas une et même de changer un luminaire, mais c’est lui le pro de la plomberie et de la charpenterie.

Autrement dit, sans lui, je devrais payer quelqu’un pour tout ce qu’il fait, avec 66% moins d’argent.

Parier sur sa mort: l'assurance-vie

Quand devient-il nécessaire de souscrire à une assurance-vie?

La réponse simple: quand quelqu’un dépend de nos revenus, quand on veut protéger ceux qui vont rester après nous.

On va le dire simplement et brutalement:

Sans Nico, je deviens incapable d’assumer les dépenses d’entretien et d’hypothèques de nos immeubles. Je dois vendre. Et vite. 

D’un autre côté, lui, sans moi, il doit trouver de l’aide pour assumer tout ce que moi je fais dans notre couple. Il aurait probablement aussi de la difficulté à  assumer toutes les dépenses seul.

Pour certains, comme nous, l’objectif d’une assurance-vie est de protéger son conjoint d’une perte de revenu. Pour d’autres, c’est pour protéger le futur de sa progéniture, même si on n’est plus là pour la guider.

Ça paraît calculé et froid de même, mais c’est mieux de prévoir maintenant, que d’être dans le néant financier dans un des moments les plus durs de nos vies. On avait eu le même raisonnement quand on avait fait faire nos testaments.

Quel type d’assurance?

Assurance-vie hypothécaire

On savait qu’on ne voulait pas de l’assurance-vie hypothécaire proposée par la banque. C’est le genre de produits qui vous est vendu sous la couverture de vous protéger vous, mais qui en réalité, profite plus à l’institution qui vous la vend.

C’est vendu sensiblement au même taux qu’une bonne assurance-vie temporaire, mais contrairement à celle-ci, votre montant de protection descend au fur et à mesure que vous repayez la maison. Et vos primes augmentent parce que vous vieillissez. Pour être honnête, elles sont aussi sensée baisser parce que le solde de votre hypothèque baisse, mais les deux effets semblent s’annuler et les primes restent sensiblement au même niveau.

Et en plus, c’est plein de restrictions. Bref, tant mieux si vous êtes convaincus que c’est LE produit que vous jugiez le mieux pour vous, mais je vais passer mon tour.

Assurance-vie permanente

Ce genre d’assurance-vie est souvent un petit montant, sous les 100 000$. On la paie pendant un certains nombre d’années et on obtient une police d’assurance-vie qui va durer toute notre vie. Autrement dit, qu’on meurt à 45 ans ou à 101 ans, le montant versé sera le même.

Ça vous apparaît super? Pensez-y encore un peu.

À 45 ans, votre plus jeune sera peut-être encore au secondaire. La maison ne sera peut-être pas toute payée. La deuxième voiture sera peut-être neuve et encore à payer. Votre plus vieux sera peut-être à l’université. Vous en avez encore pour 20 ans à travailler et donc, à contribuer à vos REER et au budget du ménage avec vos revenus.

Vous aurez probablement besoin de plus que 100 000$. Et encore, la plupart des assurances-vie permanente sont des montants beaucoup moindres, car très chères. Pour vous donner un exemple, à 22 ans, j’avais été contacté par un vendeur d’assurances de ce type. Il me proposait  une assurance-vie permanente de 50 000$, qui m’aurait coûté 36$ par mois.

50 000$, c’est pas grand chose quand vient le temps d’organiser des funérailles, de rester à la maison avec les enfants pendant quelque mois, de subir un perte de revenu de presque la moitié…

Et à 101 ans, les besoins de ceux qui restent après vous sont probablement minimes, à moins de vouloir laisser un héritage…

Bref, encore une fois, c’était pas notre produit.

Assurance-vie universelle

C’est loin d’être un produit d’assurance qui est fait pour tout le monde, en fait certains experts disent que moins de 2% des gens devraient avoir ce type de contrat d’assurance. Et il n’est pas facile à comprendre, ce qui fait que je n’aurais pas tendance à y souscrire sans les conseils d’un expert en planification financière.

Cette assurance comprend une portion assurance-vie et une portion épargne-placement. C’est un produit qui est souvent vendu pour cette dernière portion, la portion assurance-vie devenant comme un bonus, alors qu’en réalité, c’est le principal objectif! Les frais associés aux placements sont souvent refilés aux assurés (15% de la portion  »placement », annuellement) et une taxe de 3,48% est aussi associée à ce produit.

Renseignez-vous comme il faut sur ce produit avant d’y investir de gros sous…

Assurance-vie temporaire

Une assurance-vie temporaire est exactement ce qu’elle dit être: une assurance-vie, qui vous couvre pendant une période prédéterminée, souvent présentée en terme de 5, 10, 20 ans.

Oui, vous payiez sans jamais savoir si vous allez en avoir besoin. C’est le principe même de l’assurance. L’assureur assure tout un groupe de personne et fait le pari que seulement une petite partie d’entre eux vont mourir durant le terme de leur assurance. Comme le risque est plus faible (on sait qu’on va mourir, mais les chances sont plus grandes de mourir passé les 65 ans, une fois que vous ne serez plus assuré) les prix sont BEAUCOUP plus abordables.

Genre pour une protection de 50 000$, comme l’exemple plus-haut, ça me coûterait 1,44$ par mois. Et j’ai maintenant presque 27 ans, plus 22!

Ça permet de prendre des protections beaucoup plus élevées qu’avec l’assurance-vie permanente. Le but d’une assurance-vie temporaire est d’assurer le même train de vie à nos proches même si nous ne sommes plus là.

Finalement, on a conclu qu’un montant de 400 000$ pour lui et 350 000$ pour moi, c’était suffisant. Ça couvre les besoins immédiats (funérailles, factures à payer), la perte de salaire, un long congé sans solde, les études des potentiels enfants, de l’aide à la maison et le solde des hypothèques.

Nous sommes maintenant protégés pour 28$ avec les taxes par mois. #zenitude

La règle du jeu

La clef quand on cherche un produit d’assurance pour se protéger:

KISS

Keep it simple stupid. 

Si vous ne comprenez pas le produit, c’est probablement pas celui que ça vous prend. Oui, certains produits d’assurances complexes sont bénéfiques dans certaines situations, mais bien souvent c’est dans des cas de planification successorale ou d’optimisation fiscale.

Imaginez-vous, l’assurance-vie universelle ne s’adresse en réalité qu’à 1-2% de la population, alors que c’est presque 30% de tous les contrats d’assurances qui sont signés!! Assurez-vous de ne payer que pour quelque chose qui est le plus adapté à votre situation.

Dans la très grande majorité des cas, une bonne assurance-vie temporaire est amplement suffisante, en plus d’être suffisamment abordable pour que n’importe qui soit capable de fitter ça dans son budget.

Passez le mot!
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Un testament: la paix d’esprit

J’ai eu 26 ans la semaine dernière. Quand j’étais petite, je m’imaginais que la frontière entre le jeune et l’adulte-le-vrai-avec-toutes-ses-dents était 26 ans. Jusqu’à 25 ans et 354 jours, tu as le droit d’être irresponsable et de ne pas savoir où tu t’en vas. Sonne la cloche du 26 ans et là, tu as plus le choix, tu es un adulte, tu dois penser à ton avenir: enfant, retraite, assurance, testament. Ce qui fait que le 29 novembre dernier, à 26 ans tapant, j’ai pris le téléphone et j’ai téléphoné au même notaire qui s’occupe de nos achats immobiliers et j’ai dit:

« Peux-tu m’ajouter 2 testaments avec ça. »

C’était mon cadeau à moi de moi.

En passant, j’ai pas remarqué de différence entre 25 et 26 ans, donc je pense que tu deviens un adulte pas mal quand tu veux et que le fait de passer du côté triste de la vingtaine n’y change rien.

hiking

Le Testament

Alors on continue dans la lancée des postes sur la planification et les « je-suis-trop-jeune-pour-penser-à-ça » avec le testament. Plus précisément le mien et celui de Nico. Glauque et macabre, I know, mais j’ai eu un rappel à la réalité avec l’achat de la maison.

On est allés à la banque, tout anxieux parce que Nico est encore aux études (pour 12 jours!) et que ça ne fait pas un an que je travaille. Qui sait s’ils ne nous riraient pas dans la face comme les dernières fois? Accepteraient-ils de nous prêter ET de réhypothéquer le bloc? Mais pour une fois, je me trouvais ben ben bonne: j’avais tous les papiers demandés.

Parce que moi l’organisation, c’est pas ma force. Je suis la fille qui laisse les lettres pas ouvertes épinglées avec un aimant sur le frigo pendant six mois ou pire qui les ouvre et les classe n’importe où. Depuis un an, la sagesse me rattrape et je suis de mieux en mieux.

L’achat d’un classeur a probablement aussi aidé.

J’dis ça de même.

Ce qui fait qu’on est à la banque, on sort nos ti-papiers, on donne nos nouvelles informations et là, magie! Avec à peine un petit coup d’oeil à mon beau contrat de travail ou notre relevé de compte où se trouve la mise de fonds, la conseillère nous annonce:

« Je ne m’inquièterais pas si j’étais vous, vous pouvez l’achetez en masse la maison, avec le titre de monsieur, on vous prête jusqu’à 300 000$ »

Avec le titre de monsieur?

Par-e-don?!

Ce que vous êtes en train de me dire ma chère madame, c’est que mon avenir s’écroule sans mon (merveilleux) conjoint? Qu’avec seulement mon salaire qui est correct et suffisant, je serais incapable de réhypothéquer  une maison qu’on aurait acheter à deux et que je devrais la vendre?!

La sonnette d’alarme dans ma tête sonnait tellement fort que j’étais sûre que Nico l’entendait.

Il faut dire que le matin même, j’étais tombée sur une histoire triste et malheureuse d’une dame dont le conjoint, décédé sans testament. Quand tu décèdes sans testament au Québec, c’est le Code Civil qui prend le relais du testament.

Autrement dit, si tu as pas décidé à qui tu donnais tes avoirs, l’État prend la décision pour toi.

Dans le cas de la dame, elle se retrouvait sans rien, parce que si tu n’es pas mariée au Québec, tu n’hérites de rien. Les enfants, les parents ou les frères et soeurs se partagent le patrimoine et toi, tu es dehors.

Ce qui m’a accroché, c’est que la dame possédait 50% de la maison parce qu’elle l’avait acheté avec le monsieur. Sauf que pour continuer d’y habiter, elle devait racheter l’autre 50% à la famille.

Elle devait se réendetter, à la retraite, alors qu’elle vivait auparavant dans une maison libre de toutes dettes.

Un simple testament du monsieur disant que la maison revenait à la conjointe lui aurait permis de finir ses jours, tranquille et rassurée.

Quelques recherches

Après avoir lu cette histoire (d’horreur), je décide de faire quelque recherches pour me rassurer. Parce que voyez-vous, nous sommes mariés. Ça doit donc compter pour quelque chose dans cette histoire de testament, un contrat de mariage?!

Eh bien, il s’avère que oui… et non.

L’avantage d’être mariés, c’est que  vous avez droit au partage du patrimoine familial en priorité sur les dispositions testamentaires. Autrement dit, si vous êtes mariés, en partant 50% du patrimoine vous revient. Ensuite, les dispositions testamentaires s’appliquent sur le 50% restant.

Si vous avez des enfants, ceux-ci hériteront du 2/3 du 50% et vous du 1/3.

Si vous n’avez pas d’enfants, vous hériterez de 2/3 du 50% et les parents de votre conjoint (ou ses frères/soeurs si ses parents sont décédés) obtiendront le 1/3 du 50%.

Autrement dit, vous n’obtiendrez jamais 100% de votre maison (et autres biens, comme la voiture et les meubles!!) et devrez vous entendre avec les autres héritiers pour racheter leur part.

 

Ma situation (et celle de bien d’autres, c’est certain)

Mon couple était dans cette situation, outre la police d’assurance-vie que j’ai via le travail dont j’ai nommé Nico le bénéficiaire, si  je décède demain matin, il devra tout départager avec mes parents. Il devra ré-hypothéquer les immeubles pour rembourser mes parents (ou utiliser l’assurance-vie qui lui sera versé pour ce faire). Je ne m’inquiète pas trop pour sa situation, malgré le fait qu’un testament lui évitera énormément de trouble dans un moment pas facile et aussi d’avoir à payer mes parents pour quelque chose qu’on a acheté à deux!

De mon côté par contre, si Nico décède demain matin, je n’ai pas de police d’assurance pour m’aider (pas encore…)  C’est réglé depuis!. J’ai un plus petit salaire et la banque pourrait refuser de ré-hypothéquer les immeubles. Je me retrouverais probablement dans une situation où je devrais vendre un ou les deux bâtiments et je n’obtiendrai pas la pleine valeur parce qu’un des deux serait en plein chantier. Un testament pourrait éviter que les bâtiments soient légués en parti à ses parents et me force à vendre ou encore, à partager ma maison.

En plus, imaginez-vous que le triplex, n’est plus considéré comme résidence familial et donc, n’est plus inclus dans le patrimoine familial. Le partage serait encore plus inégal.

Je ne suis pas notaire, ni planificatrice financière, mais j’ai compris l’urgence de penser à ma mort. Je fais tout dans cette vie pour que nous ayons une vie simple et pas trop compliquée (à l’exception d’acheter des immeubles qui ont besoin de beaucoup de rénos), il est logique je planifie donc la suite si un jour je ne suis plus là, de manière à ce que ce soit simple pour tout le monde.

 

La paix d’esprit et son coût

C’est ainsi que, pour mes 26 ans, je me suis payée la paix d’esprit. Maintenant, je sais exactement qu’est-ce qui va se passer et combien de sous je devrai à qui.

Et ça coûte combien la paix d’esprit?

Pour deux testaments, 650$ taxes incluses. Je peux même y mettre les futurs enfants, que nous auront peut-être, comme héritiers et déterminer tout de suite qui seront leur gardien et comment l’argent que nous leur laisserons pourra être utilisé. Alors, ce sera fait pour un p’tit bout, ne nécessitant que des modifications mineures au fil de temps.

C’est certain que c’est beaucoup de sous, mais j’ai décidé de relativiser les choses. On s’embarque dans 40 000$ de travaux en janvier. 650$, c’est rien en comparaison.

Vous voulez vous éviter des frais en faisant un testament olographes, c’est-à-dire signé par vous et deux témoins, sans le notaire? Pensez-y deux fois. En plus d’être plus facilement contestable (entraînant ainsi des délais pour votre succession), c’est vos héritiers qui devront payer pour le faire authentifier et ça, c’est presque 1000$!!

Vous pourriez aussi faire ajouter une clause testamentaire à votre contrat de mariage, mais cela ne peut concerner que le conjoint et à ses limites. Par contre, c’est une solution adéquate pour bien des gens. Si je l’avais su en 2012 au moment de la rédaction de mon contrat de mariage, je l’aurais fait inclure et j’aurais pu repousser encore un peu le testament.

C’est plate et personne ne veut penser qu’il peut mourir, mais est-ce que le fait que ça soit plate pour vous peut justifier de laisser dans le trou votre conjoint, enfants et proches?

Non, la réponse, c’est non.

 

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