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6 mythes sur les finances personnelles dans la vingtaine

Les finances personnelles sont un sujet nébuleux pour pas mal de gens. Le fléau n’épargne personne, mais les milléniaux sont les plus touchés. On débute pour la plupart notre vie d’adulte (oui, la trentaine compte encore comme un « jeune adulte »)  et on est au moment clef de nos vie pour prendre en main nos finances. Si au moins on pouvait éviter les mythes qui les entourent! 

Devenir adulte, ce n’est pas facile. Quand on pensait échapper aux règles et restrictions propres à l’enfance et  à l’adolescence, on se retrouve soudainement submergé par les attentes.  En plus tout le monde nous donne son avis, qu’on le demande ou pas et contribuent à nourrir les mythes.  C’est le temps de démêler tout ça!

6 mythes sur les finances personnelles et la vingtaine

5 mythes sur les finances personnelles dans la vingtaine

Mythe #1

Une fois que tu feras plus d’argent, tu n’auras plus besoin d’un budget

On aurait tellement envie d’y croire à celle-là; fini les restrictions ! Après 3,4,5 ans passés à regarder avec angoisse notre solde bancaire et calculer le nombre de jour restant au mois et le nombre de paquets de ramen dans l’armoire, on se dit que le pire est derrière nous.

Le pire est peut-être derrière toi, mais si tu veux éviter de t’y retrouver à nouveau, ton budget reste ton ami.

5 mythes sur les finan5 mythe sur les finances personnelles et la vingtaine

Je commence à avoir l’impression d’être un disque rayé, mais un budget, ça t’empêchera jamais de vivre. Ton budget, tu le fais selon TES priorités. Celles-ci vont changer en fonction d’où tu es rendu dans la vie, mais ton budget devrait toujours être avec toi. Il permet de maîtriser son argent et de savoir où il va. Parce que, crois-moi, même si tu en fais plus, si tu le maîtrises pas, ça sert à rien!

Mythe #2

Un budget, c’est plate, ça t’empêche d’acheter quoique ce soit.

Budget. Le mot est brun-beige. Le genre de couleur qu’on associe au fisc, aux comptables et aux files d’attente.

Sauf que, même si un budget, ce n’est techniquement que des additions et soustractions, rien ne t’empêche de le jazzer un peu! Mint peut t’aider ou simplement des crayons de couleur.

Maintenant qu’on a adressé la partie plate, je vais t’expliquer pourquoi le budget ne t’empêche pas d’acheter quoi que ce soit.

Un budget, c’est une feuille de papier/chiffrier électronique.

Toi, tu mets les chiffres dedans et tu détermines ce que tu dois/veux dépenser/épargner dans les mois qui viennent.

Si tu décides que tu veux acheter une nouvelle patente qui ne rentre pas dans ton budget sans l’envoyer dans le rouge, le problème, c’est pas le budget!

Le problème, c’est que tu n’as pas assez d’argent! Quand bien même que tu n’aurais pas de budget, tu ne serais quand même pas en mesure de l’acheter. En fait, sans budget, tu l’aurais peut-être acheté, mais tu te serais retrouver avec une dette sur une carte de crédit/marge de crédit.

Le budget fait simplement l’inventaire de ce que tu as de disponible et de tes obligations. C’est pas être plate ça, c’est être responsable.

La nouvelle patente attendra un peu, le temps que tu épargnes pour!

Mythe #3

Tu as besoin d’un conseiller financier.

Au risque de me faire tirer des roches, je vais vous raconter une petite anecdote qui m’est arrivée la semaine dernière. Ma mère s’est faite appeler par sa conseillère financière. Celle-ci lui demande:

– Est-ce que tu pourrais me refiler les coordonnées de ta fille pour que je la contacte et que lui propose mes services? 

Ma mère lui dit que ce n’est pas nécessaire, parce que je me gère très bien toute seule. La conseillère insiste.

-Oui, mais elle a bien besoin que quelqu’un lui trouve ses placements? Si elle veut avoir de l’argent à la retraite, elle doit en mettre dans des REER! 

Cette dame, elle a accompagné mes parents dans leurs investissements depuis 15 ans, je suis sûre qu’elle est respectablement compétente, mais, malgré ça, je ne veux pas confier à quelqu’un d’autre le choix de mes placements et me retirer de la décision. Surtout quelqu’un qui juge mes connaissances en finances sans jamais m’avoir rencontré.

Oui, un jour, je veux inclure dans l’équation un planificateur financier pour m’aider à prévoir les impacts fiscaux de mes décisions, mais d’ici là, je vais éviter les frais et investir mes sous moi-même. Après tout, ma technique ne semble pas si mal! 

Quand on est dans la vingtaine et qu’on commence à avoir des sous, ce dont on a réellement besoin, c’est d’être informé. Et pas informé par quelqu’un qui cherche à atteindre des quotas de vente ou à nous fidéliser. On a besoin d’informations claires et simples sur le REER, le CELI, les REEE, le RAP, les hypothèques, les congés parentaux, notre dossier de crédit, etc.

Si vous n’êtes pas informés, comment voulez-vous vous assurez que la personne en face de vous vous propose les bonnes choses? Le meilleur moyen d’optimiser sa situation financière, c’est d’être aux commandes. Alors commencez donc par lire le manuel 😉 !

Mythe #4

Les dettes sont un passage obligé, tout le monde en a.

Comme dirait votre mère:

Si tout le monde se jetait en bas du pont le ferais-tu?

C’est pas parce que l’on est matraqué de publicités sur les petits paiements de la nouvelle voiture de l’année, que c’est obligatoire pour vous aussi d’avoir un prêt auto. Qui dit petit paiement dit tu paies longtemps et parfois, c’est un cercle vicieux.

Les dettes, c’est de l’argent qu’on emprunte à nous-même dans le futur. On accepte d’avoir plus maintenant pour avoir moins plus tard. Parfois, le jeu en vaut la chandelle, comme avec les dettes d’études (on obtient un plus haut revenu en investissant dans notre éducation via le prêt) ou avec une hypothèque pour un bien immobilier (qui on espère, vaudra plus dans le futur).

Si on débutait notre vie d’adulte avec l’idée que les dettes, ce n’est pas normal et que ce n’est pas la seule solution, on serait étonné des résultats selon moi.

6 mythes sur les finances personnelles dans la vingtaine

Mythe #5

Faire plus d’argent, c’est impossible.

La mentalité du petit pain, c’est vraiment difficile à déboulonner. On dirait qu’on se dit qu’on est incapable de faire plus que ce qu’on gagne et on fini par accepter la réalité.

Ce qui fait que quand les gens sont dans une situation moins facile, ou veulent simplement mettre plus d’argent de côté, la première chose qu’ils font, c’est de couper dans leurs dépenses.

Quand il n’y a plus rien à couper, c’est là que la panique/sentiment d’impuissance s’installe. On est pris. On ne peut pas rien faire de plus!

Or, il y a deux façons d’impacter sur le surplus dans un budget. La première: réduire les dépenses. La deuxième? Faire plus d’argent.

Vous pouvez négocier votre augmentation!

Votre talent peut devenir une petite entreprise!

Vous avez une tondeuse et des voisins qui ont du gazon? Bam, vous faites 50$ de plus par semaine.

Vous savez repérer les bargains sur Kijiji? Flipper des objets peut être super payant!

Faire plus d’argent, ce n’est pas impossible. Ça demande un effort, mais c’est à votre portée!

Mythe #6

Si tu n’as pas de REER, tu vas mourir pauvre après une retraite à manger des ramens.

oui, vous devez épargner pour la retraite, parce que si vous ne le faites pas, personne ne le fera pour vous. Moins de 42% des Québécois ont un régime de retraite par l’employeur et le nombre est en décroissance perpétuelle. À moins d’être de la fonction publique, vous DEVEZ mettre des sous de côté en prévision de la retraite.

Mais ce ne veut pas dire de les placer automatiquement dans un REER!

Dans les dernières années, les spécialistes sont montés au micro pour nous rappeler quelque chose de bien important: contrairement à ce que votre banque essaie de vous dire depuis leur création en 2009, le CELI, ce n’est pas qu’un compte-épargne pour les projets à court-terme.

C’est aussi un excellent véhicule de placement pour la retraite.

Surtout pour les jeunes professionnels qui veulent profiter de l’effet de l’intérêt composé sans contribuer à un REER beaucoup plus contraignant. En plus, comme on y contribue avec de l’argent déjà imposé, il n’est pas imposé à la sortie, ce qui simplifie la gestion des retraits rendu au moment de dire  »bye-bye boss! » Ça ne veut pas dire que le REER est mort, il reste un bel outil pour les niveaux de revenu plus élevés.

Pour ma part, je bypass le REER pour encore quelques années.

Vive le CELI!

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Choisir entre REER et CELI

Félix C-Leclerc a répondu vaillamment à mon appel à tous sur Facebook quand j’ai demandé ce que vous vouliez lire cette semaine. Il m’a demandé, entre autres,

« Les pour/contre du CELI/REER selon l’âge de l’épargnant(e) »

J’ai donc pis le taureau par les cornes, fait quelques recherches et j’ai constaté une première chose:

L’âge a pas grand rapport ici, sauf si c’est que pour accumuler des droits de cotisations au CELI, tu dois avoir 18 ans. Et pour cotiser, tu dois avoir 18 ans pour les deux.

Point.

Sauf que…

Sauf qu’on sait que l’âge est corrélé avec le revenu. Plus vous vieillissez, plus vous gagnez d’argent habituellement. Ce n’est pas un lien de cause à effet, mais une simple corrélation. On pourrait penser que plus vous vieillissez plus vous gagnez d’expérience et d’ancienneté, alors votre revenu augmente. Voici une belle formule de régression linéaire pour vous, juste au cas où vous auriez voulu des preuves.

 

Corrélation de l'âge au revenu

Source: Thierry Foucart

 

Donc si l’âge est corrélé positivement avec le revenu, on peut supposer que plus on veilli, plus on fait d’argent. Alors au lieu de se demander comment choisir entre REER et CELI selon l’âge, on va y aller avec le revenu. Je suppose aussi que vous avez entre 18 et 35 ans pour les fins de l’article.

 

Différence du traitement fiscal:

Ce qu’il faut bien comprendre pour la suite, c’est la principale différence au niveau fiscal entre le REER et le CELI.

Le REER, ça reporte votre impôt dans le temps. Vous ne le payez pas aujourd’hui (c’est pour ça que vous avez un retour d’impôts, c’est parce que le gouvernement vous le retourne), mais vous le payerez quand vous décaisserez votre REER quand vous êtes à la retraite. Comme à la retraite votre niveau d’imposition sera moindre, vous devriez en payer moins qu’aujourd’hui et être gras dur.

Les cotisations au CELI sont effectuées avec de l’argent déjà imposé, et ne donnent droit à aucune déductions. Cependant, vous ne serez pas imposés sur vos gains, même si vous penny stocks à l’intérieur de celui-ci prennent 52%. Merveilleux donc, mais aucun retour d’impôt, en échange de quoi vous n’en paierez pas dans le futur.

 

Les niveaux d’imposition au Canada et Québec

Au Canada, le premier 45 282$ de votre revenu est imposé à 15%. Le 45 283e dollar est imposé à 20.5%.

Pour le Québec, le premier 42 390$ est imposé à 16%. À partir de 42 391$, le taux d’imposition augmente à 20%.

Bam!

Ensuite ça monte par palier (voici les paliers d’imposition pour le Canada et le Québec). Plus votre revenu augmente, plus vous payez d’impôt. C’est ce qu’on appel l’impôt progressif.

Mais notre système à le défaut suivant, entre 30 000$ et 45 000$, il existe une espèce de trappe pour certaines personnes, qui se mettent à faire moins d’argent au net quand elles font plus d’argent au brut, surtout pour les familles. La différence est pas énorme, mais ça peut être enrangeant, surtout pour les familles à un seul revenu. Passé le premier palier d’imposition (45 000$), l’effet de trappe s’atténue et vous profitez de vos revenus supplémentaires.

Choisir entre REER et CELI

 

Alors, dans quoi devriez-vous mettre votre argent?*

En bas de 45 000$, je pense que je n’investirais que dans mon CELI, jusqu’au maximum, et ensuite, je prendrais mon REER.

L’idée est que plus votre taux d’imposition est élevé, plus c’est avantageux de souscrire à un REER. C’est surtout vrai quand on dépasse le cap du 45 283$ . En-bas de ça, il existe tellement de programmes et d’avantages fiscaux qu’il est peu avantageux d’essayer de sauver encore un petit peu en cotisant à son REER (sauf si on se retrouve dans la trappe, on peut alors tenter de réduire son revenu imposable suffisamment en y cotisant).

Cependant, si vous vouliez vraiment mettre de l’argent dans votre REER pour le kick, parce que vos parents vous gossent avec ça ou parce que ça fait vraiment hot de pouvoir dire que tu as des REER, vous pourriez aussi simplement reporter vos déductions. En gros, vous mettez 1000$ cette année dans votre REER, mais vous dites dans votre rapport d’impôt, « je ne veux pas prendre mon retour d’impôt cette année, je vais le reporter dans le futur« . Comme quand vous reportez votre crédit d’impôt pour frais de scolarité. Vous pourrez alors utiliser votre déduction quand vos revenus auront augmenté et cotiser quand même maintenant.

Je pense cependant, que quand on a des buts à court-terme (comme une maison, ou des rénovations importantes), le CELI est moins contraignant à cause de l’absence de contraintes sur les retraits. À cause de ça, si mes revenus était de 45 000$ et plus, j’irais avec le REER et mais j’investirais les retours d’impôts dans un CELI (et une partie de mon épargne aussi), histoire d’avoir le meilleur des deux mondes.

Vous voulez faire une simulation d’optimisation? Ouvrez un logiciel de déclaration d’impôt et faites-vous des scénarios en extrapolant vos données de l’an dernier. Je suis sérieuse. C’est gratuit, car vous ne payez que pour envoyer votre rapport à la fin. Donc, vous ouvrez le logiciel répondez au question et faites varier votre niveau de cotisation à votre REER. Vous verrez par vous-mêmes la différence. J’utilise Impôt Rapide. Vous pouvez aussi aller voir un planificateur financier, si vous voulez être absolument certain et rassuré.

L’un des derniers avantages du CELI, c’est que quand vous en retirez de l’argent, ce n’est pas comptabilisé dans vos revenus, donc vous ne payez pas d’impôts sur le retrait. C’est bien pour compléter les revenus à la retraite tout en restant dans un palier d’imposition moins élevé,  et donc vous êtes moins imposés à la retraite! Certains pourraient même conserver le Supplément de Revenu Garanti, gros incitatif.

*Je ne suis pas conseillère en finances 🙂 alors je ne peux pas vous donner de conseils, juste vous dire ce que moi je pense.

 

Pourquoi le CELI plus que le REER dans mon cas?

Qu’est-ce que vous préférez vous, 15% de rabais ou 20% de rabais?

Moi aussi, 20%.

Mon salaire est actuellement plus-bas que 45 000$. En fait, en considérant les revenus du triplex (brut), je suis tout juste à 42 000$.

Comme j’espère qu’un jour, mon salaire dépassera le 45 000$, je préfère retarder mes cotisations REER pour en retirer le maximum plus tard. Surtout qu’actuellement, je suis encore en train de passer tout mes crédits d’impôts pour frais de scolarité, c’est ça qui arrive quand on étudie 7 ans!

La différence de 5%, entre le taux d’imposition de 15% et le prochain à 20%, sur 5000$, ça correspond à 250$ par année de plus en retour d’impôt et c’est pas mal de sous.

En attendant, j’essaie de maximiser mon CELI ( et j’en suis encore loin…) à la place. Comme nous sommes dans une situation où Nico est encore aux études et que nous ne savons pas notre situation dans 6 mois, je suis plus à l’aise avec les choses comme elles le sont.

 

Et le RAP dans tout ça?

La plupart des conseillers à la banque vont vous dire:

« Oui, mais les REER tu peux les utiliser pour acheter une première maison »!

Duh, je peux utiliser mon p’tit cochon aussi! Le RAP n’est pas le seul moyen d’économiser pour une maison. Le CELI est tout aussi valable, de même que le bon vieux compte-épargne, car vous ne devriez pas viser à faire des revenus à partir de votre mise de fonds, mais plutôt à la maintenir en sécurité, loin des soubresauts du marché.

Choisir entre REER et CELI: le RAP

 

L’avantage du REER, c’est de reporter l’impôt. Point. C’est pas parce que vous allez utiliser les fonds pour acheter une maison que soudainement ça vaut plus la peine qu’avant si vous faites encore 20 000$ par an. Le RAP (régime d’accession à la propriété), c’est excellent pour ceux qui gagneraient en-haut que 45 000$, mais ça reste moins avantageux pour ceux qui font moins, surtout si vous avez espérance que votre salaire augmente dans les années qui suivent l’achat de votre maison.

Pourquoi?

Parce qu’avec le RAP, vous devez commencer à remettre l’argent que vous avez sorti de votre REER dans les deux ans qui suivent l’achat. Et toutes les cotisations que vous allez faire pour rembourser le montant que vous avez pris, elles, elles ne généreront pas de retour d’impôts. Ils vous l’ont donné la première fois, donc une fois, c’est assez. Si vous avez pris le maximum de 25 000$ et que ça vous prend 5 ans le remettre, pendant 5 ans, vous n’aurez aucune déductions.

Alors si quand vous avez mis votre argent dans le REER au début, vous faisiez 35 000$ annuellement et quand vous les remettez vous faites 47 000$, vous perdez littéralement de l’argent.

Si vous aviez bâti votre mise de fonds dans un CELI, vous auriez aussi pu l’utiliser pour acheter la maison, sans payer d’impôts ni rien et vous auriez conservé vos droits de REER pour plus tard, quand vous auriez fait 47 000$. En plus, vous n’êtes pas obligés de remettre l’argent dans les 2 ans qui suivent avec le CELI. Moins contraignant!

 

Plus liquide ou moins liquide?

Certains diront:

« Oui mais quand c’est dans mon REER, je peux pas y toucher, donc je ne le dépense pas. »

Je pense que le CELI peut aussi être vu de la même façon, surtout s’il est investi dans des actifs moins liquides, comme des bons, des actions ou un fonds mutuel. J’ai actuellement un compte CELI chez Questrade et croyez-moi, sortir mon argent de là me serait difficile à cause des frais de transactions associés à la vente de mon porte-feuille. Un CELI n’est pas nécessairement toujours investi dans un actif liquide, contrairement à la croyance répandue.

Vous pouvez aussi vous arranger pour avoir un REER super liquide, parce que rappelez-vous, c’est possible d’avoir de l’argent sonnant et trébuchant à l’intérieur d’un REER. Dans un compte-épargne ben ordinaire. Oui, vous payerez de l’impôt et une taxe si vous le sortez de là, mais c’est possible si vous êtes décidé de retirer de son compte REER.

En gros, ce que je veux dire, c’est que vous ne devriez pas compter sur les règles qui entourent un véhicule financier pour ne pas le dépenser. Come on, un petit peu de self-control! 😉 Vous devriez être en mesure de vous dire que vous ne pouvez pas y toucher, c’est pour vous, dans le futur.

 

En gros: l’important c’est d’épargner pour le futur. Le reste, c’est de l’optimisation fiscale, c’est important, mais vous devez commencer par épargner!

 

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Le CELI, ça mange quoi en hiver?

Pour faire suite à mon précédent article sur le REER, je vous présenterai aujourd’hui CELI, un autre véhicule d’épargne avec avantages fiscaux. Plus récent que le REER, le Compte Épargne Libre d’Impôt (tax free saving account, TFSA, en anglais) a été lancé en 2009, mais est encore largement méconnu!

Il visait à faire épargner les Canadiens sur un autre horizon que celui de la retraite.

Ah oui, parce qu’en 2008, avec la crise de Subprimes, le Canada se regarde le nombril pis se rend compte que, malgré qu’il se targue d’avoir mieux absorbé la crise grâce à son système bancaire plus  »stable » que celui des US, les ménages canadiens sont endettés. Genre intensément endettés, à 150%. Ce qui veut dire que pour chaque dollar de revenu disponible, le ménage moyen à 1,50$ de dette. Vous me croyez pas? Checkez ça:

 

Qu'est-ce que ça mange en hiver, le CELI?

 

Donc, là, notre gouvernement panique un peu et se dit que ça va péter, surtout si la Banque du Canada baisse ses taux pour relancer l’économie, incitant ainsi les gens à emprunter et consommer. C’est ainsi qu’il donne accès à un véhicule financier qui a fait ses preuves ailleurs dans le monde, le CELI.

Depuis le 2 janvier 2009, on peut donc placer nos sous dans un autre super véhicule financier avec avantages fiscaux.

Fonctionnement du CELI

Contrairement au REER, où chaque dollar qui y est placé vous donne un crédit d’impôt équivalent, le CELI ne donne pas de crédit d’impôt. Ce que vous y placez, ce sont vos dollars nets, après déductions. Cependant, vous ne payez pas d’impôt sur vos gains en capital ou vos revenus d’intérêts. Pas mal! Si par exemple, vous investissez dans des penny stock à l’intérieur d’un CELI et que la valeur de ceux-ci explosent de 100%, vous ne paierez pas d’impôt sur vos gains, ce qui est non-négligeable. De plus, tout argent qui est retiré d’un CELI est entièrement libre d’impôt et ne compte pas dans vos revenus. C’est logique, puisqu’il a déjà été imposé au départ.

Aussi, le CELI est avantageux dans le fait qu’il n’y a pas de conditions quant au retrait.  Alors qu’avec le REER, si vous ne voulez pas payer de pénalités, vous ne pouvez retirer que dans 3 situations très précises, le CELI vous permet d’économiser pour un voyage, une voiture, des rénos, etc, sans avoir à vous soucier des pénalités associées aux retraits.

Comme pour le REER, on ne peut pas déduire de ses revenus les pertes encourues à l’intérieur d’un CELI, pour la simple et bonne raison que vous n’êtes pas imposés sur les gains non plus ;).

Et si un mon’oncle vous dit à Noël:

Un CELI ça rapporte rien! Tu perds ton argent en prenant ça.

Vous pourrez lui répondre qu’un CELI, c’est véhicule d’épargne, avec des avantages fiscaux, mais qu’en tant que tel, le CELI ne génère aucun rendement (outre l’impôt épargné!). Ce sont les produits financiers qui sont placés dans le CELI qui génèrent les rendements. C’est certain que si vous ouvrez un CELI avec un compte-épargne traditionnel, vous n’aurez pas le même rendement que si vous achetez des fonds communs de placements ou des actions!

 

Qu'est-ce que ça mange en hiver, le CELI?

Règles du CELI

Ce n’est pas franchement complexe, mais la règle sur les retraits est un peu étrange. Voici donc les règles applicables au CELI:

-Vous devez avoir 18 ans pour cotiser.

-Vous avez droits à 5500$ de nouveaux droits de cotisation annuellement et ceux-ci s’accumulent si vous n’utilisez pas tout le montant. Si vous aviez 18 ans ou plus en 2009, vous avez une limite de  41 500$  en 2016 que vous pouvez accumuler dans un CELI (5000$ par an de 2009 à 2013, 5500$ pour 2013 et 2014, 10 000$ en 2015 et 5500$ en 2016).

-La cotisation, c’est le montant d’argent que vous y placez en un an. Si vous avez droit à 5500$, que vous placez 5500$, retirez 1000$, vous ne pourrez pas y replacer 1000$ dans la même année, puisque vous avez atteint votre maximum pour l’année. Cependant, l’année suivante, vous pourrez y placer 5500$ (droit pour l’année)+1000$ ( retrait de l’an dernier), car les retraits de l’année précédente s’ajoute aux droits de cotisation de l’année suivante.

-Comme pour le REER, vous pouvez avoir plusieurs compte CELI, mais vous conservez le même plafond de cotisation. C’est pas parce que vous avez 10 comptes que vous pouvez cotiser 55 000$/an! Les cotisations, c’est par individu et pas par compte.

-Vous pouvez avoir les placements suivants à l’intérieur d’un CELI:

  • argent comptant;
  • fonds communs de placement;
  • valeurs mobilières cotées à une bourse de valeur désignée (comprenant les FNB)
  • certificats de placements garantis;
  • obligations;
  • certaines actions de petites entreprises.

Attention à…

-Ne pas dépenser la limite de cotisation, car un taux de 1% par mois sur les cotisations excédentaires sera réclamé par le Gouvernement.

-Aux frais des comptes CELI exigés par certaines banques. Souvent, ils chargent pour les retraits et ça fait mal.

-Avoir un CELI investi dans des certificats garantis de placements à 1,8% et un porte-feuille d’actions dans un compte non-enregistré rapportant annuellement 4%. Vous serez imposé sur le 4% plutôt que sur le 1,8%. Faites votre choix, mais l’avantage fiscal est là pour ça!

Qu'est ce que ça mange en hiver, le CELI

Exemple de fonctionnement:

Julie à 25 ans et ouvre son deuxième CELI. Le premier, elle l’a investi en fonds commun de placement. Comme elle avait 18 ans en 2009, elle peut avoir dans ses CELI jusqu’à 41 500$. Dans le premier, il y a 35 000$. Comme elle n’a pas fait de retrait l’an dernier et pas encore cotiser cette année, elle peut donc verser jusqu’à 6 500$ (41 500$-35 000$= 6500$) cette année. Elle verse 6500$ dans son CELI, puis doit retirer 5000$ pour acheter une nouvelle voiture.

Julie a tout utilisé sa chambre de cotisation pour 2016 et doit attendre à l’an prochain avant de cotiser de nouveau. Cependant, elle pourra cotiser 10 500$ l’an prochain, car elle peut regarnir le 5000$ qu’elle avait retiré.

Pour ma part

J’ai ouvert mon premier CELI en 2009. Comme mon taux d’imposition a été, jusqu’à présent, relativement faible, j’ai toujours cotisé à celui-ci plutôt que mon REER, dont je conserve la chambre de cotisation pour plus tard.

Jusqu’à la semaine dernière, mon CELI comprenait uniquement, et très simplement, un compte-épargne. Je ne connaissais pas suffisamment les plateformes de courtage en ligne pour comprendre comment ouvrir un compte.  J’ai profité de mes vacances pour me botter le derrière et commencer mes démarches pour ouvrir un compte de courtage en ligne avec un compte CELI. J’y ai acheté pour 1000$ de fonds négociés en Bourse (FNB). J’expérimente, j’ai fait des recherches et je me suis fait un porte-feuille avec des frais de gestion très faible et un profil de risque qui me correspond. Questrade est super pour ça, car il n’y a aucun frais pour l’achat de FNB. (vous pouvez comparer les plateformes sur Hardbacon.ca)

J’ai aussi ouvert un autre CELI, mais cette fois-ci, investi dans un fonds commun de placement chez Tangerine. Les frais sont 10 fois plus élevé que mon porte-feuille de FNB, mais je veux comparer les rendements. C’est surtout beaucoup plus simple: pas de bourse à regarder, pas de porte-feuille à rééquilibrer et pas d’ordre d’achat à passer. On vire les sous et c’est tout.

Je compte continuer à placer mon argent dans mes CELI jusqu’à ce que mon revenu justifie le REER ou alors, si j’atteins la limite du CELI!

Pour plus d’info: 

ARC

Et vous? Avez-vous un CELI d’ouvert? Comment le gérez-vous? Et si vous n’en avez pas, pourquoi?

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