Investir: par où commencer?

Je suis allée récemment à une conférence donnée par Julien Brault, fondateur d’Hardbacon, une entreprise québécoise qui veut démocratiser l’investissement au Québec. Cette conférence portait sur … l’investissement (mais quel suspense!)

J’y assistais, parce que malgré le fait que je m’y intéresse, je ne suis absolument pas une experte. Je veux en apprendre plus pour être en mesure de mieux gérer mes finances et mieux comprendre les choix qui s’offrent à moi, parce qu’on se le cachera pas, dès que tu rentres dans le bureau d’un conseiller financier, tu as beau être une personne intelligente et fonctionnelle en-dehors, en-dedans, tu te transformes en une patate. Une patate qui comprend juste que l’argent va bouger de ton compte-chèque à ton REER/CELI et  »fructifier » (non, tu seras pas obligé d’aller aux pommes avec ta blonde pour fructifier… la pognes-tu? 😉 ) Même quand tu te prépares et poses des questions, tu ressors quand même en te sentant comme une patate.

Lors de la conférence, on était de tous les niveaux à la formation: newbies à taponneux. C’était super. Démystifier un peu l’investissement, lever le voile sur la magie de la chose. Maintenant, je vais être moins une patate (et vous aussi!)

Investir, c’est quoi?

Investir, c’est prendre son argent et le prêter à une entité quelconque en échange d’un rendement. That’s it, that’s all.

L’entité quelconque peut-être une banque, un gouvernement, une municipalité, une compagnie, vous-même, etc.

L’idée, c’est de créer de la valeur avec vos dollar. Si vous achetez des actions d’une compagnie, elle se servira de l’argent recueilli ainsi pour financer l’achat d’actifs ou le lancement d’un nouveau produit, ou encore, pour relancer ses opérations. Si vous achetez des obligations municipales, la municipalité se servira des sous recueilli pour financer des infrastructures qui bénéficieront à tous ses citoyens.

En échange de leur prêter des sous, vous aurez accès à un certain rendement. Les obligations verseront un coupon (intérêts). Les actions pourraient verser un dividende, mais surtout, elles croîtront. Si vous investissez dans votre entreprise, vous vous verserez un dividende. Si vous achetez un bien immobilier, vous devriez voir sa valeur augmenter au fil du temps.

Investir- par où commencer.

Pourquoi investir plutôt qu’épargner?

La plupart des gens vous diront que vous devez épargner pour votre retraite et ils ont un peu tort.

Épargner, c’est mettre de l’argent de côté. Tout simplement. Un peu comme si vous retireriez 100$ du guichet automatique, que vous en dépensiez 80$ et rangiez le 20$ restant dans le tiroir de votre table de chevet.

Si vous faites ça à chaque semaine, vous aurez 1040$ dans votre tiroir de table de chevet. Vous n’auriez rien de plus,

Essayer de financer le tiers de votre vie avec le cinquième de votre salaire. Vous n’y arriverez pas, c’est arithmétique. En plus d’épargner, il faut investir!

C’est dans cette logique, que quand j’ai commencé à avoir des sous à mettre de côté, vers mes 18 ans, j’ai voulu les  »investir ». Parce que, tsé, qui n’a jamais voulu être riche? J’entendais parler de rendement de 7-8%, alors que ma banque ne me proposait que des CPG à 3% (ah! c’était le bon temps, maintenant, si elles offrent du 1,5%, c’est bon…).

J’avais bien sûr entendu parler de la bourse et de l’achat d’actions, mais je n’avais aucune idée comment on achète ça des actions… Clairement pas à l’épicerie ou à la Caisse Pop!

Investir, mais dans quoi?

Certains vont répondre:

« Mais dans un REER pardi! »

(Je suis certaine que personne ne dit plus  »pardi », mais c’est plutôt comique de l’imaginer tout de même)

Pour ceux qui répondent ça, je suis désolé de vous répondre que le REER n’est pas un investissement… c’est un véhicule financier.

Pensez au REER comme une sacoche; à l’intérieur de la sacoche, on peut retrouver plusieurs articles: porte-monnaie, téléphone, poignée de change, une barre tendre au cas-où, etc. Le REER permet de prendre plusieurs produits financiers: actions, FNB, CPG, métaux, immobilier, fonds communs de placements et de les mettre à l’abri de l’impôt jusqu’à votre retraite. Au passage, le gouvernement vous redonne l’impôt payé sur votre argent (parce qu’il sera imposé à la sortie, donc on vous redonne l’impôt payé à l’entrée), ce qui explique l’engouement pour le REER (entre autres choses!).

Par contre, à l’intérieur du REER, on peut placer différents investissements! Pareil pour le CELI.

Pour plus d’info sur ces deux véhicules financiers, consultez mes précédents articles: REER et CELI.

Celui que vous choisissez doit l’être en fonction d’une planification financière solide. Le REER permet de réduire le revenu maintenant, mais augmente le revenu au retrait. Le CELI ne change rien à votre revenu, mais tous les intérêts échappent à l’imposition. (pour vous aider à faire un choix: REER ou CELI, lequel choisir?)

En 2009, mon jeune moi avait penché vers le CELI, nouvel outil du moment, entre autre pour la facilité d’utilisation. Et comme je ne comprenais rien à l’investissement, j’avais placé à l’intérieur de mon nouveau et rutilant CELI… un compte-épargne.

Pwomp pwomp pwoooomp…

C’est l’an dernier que j’ai eu envie de me pencher plus sérieusement sur le rendement généré par notre épargne. La bourse m’a toujours intéressée, mais, on va se le dire franchement, je suis paresseuse. La taxe paresse, ça s’applique souvent dans mon cas. Je fais souvent le calcul entre la somme d’efforts et le rendement et j’essaie d’optimiser le tout. Et disons que d’apprendre les rouages de la Bourse, ça ne m’apparaît pas assez simple pour la paresseuse que je suis (mais qui sait, peut-être avec la formation de Hardbacon, je vais m’y mettre…)

C’est cette simple réflexion qui m’a amené à me penché sur deux types d’investissement: le fonds commun de placement et le fonds négocié en bourse.

C’est quoi un fonds?

Expliqué simplement, c’est une salade de fruit.

Vous prenez des pommes, des bananes, des raisins, des bleuets, de kiwi et vous mélangez tout ça.

Vous vous prenez un bol de votre salade de fruits et vous aurez dedans un peu de tout. Si vous aviez voulu goûter à tous ces fruits, vous auriez dû en manger plus d’un kilo. Là, avec un petit bol, vous avez le plaisir de déguster l’arc-en-ciel sans éclater.

fonds-commun-fnb-arc-en-ciel

Même principe pour un fonds (qu’il soit commun ou négocié en bourse). Un gestionnaire de portefeuille chevronné fait une sélection de plein plein plein de compagnies qu’il juge intéressante et qui correspondent aux critères du fonds et réparti leur poids (%) selon des calculs précis pour atteindre  un certain niveau de risque.  Il s’occupe ensuite de maintenir le fonds et de veiller à une bonne répartition du poids de chaque action. Il divise ensuite le fonds en plein de petits bouts, qu’il vous revend.

Vous êtes maintenant propriétaires de plein de compagnies via le petit bout du fonds que vous avez acheté.

La grande force d’un fonds c’est sa diversification, inhérente à sa constitution et aussi le pouvoir commun. Tout seul, vous ne pourriez pas acheter 20% de Shell, mais avec le poids de milliers d’autres investisseurs, le fonds peut l’être et par ricochet, vous aussi!

Fonds commun de placement

J’ai tout d’abord investigué du côté des Fonds communs de placement. C’est vieux comme le monde, mes parents connaissaient ça et toute les banques en vendent. L’affaire était gorlo, non?

Non.

Attention aux frais les amis. Chez Desjardins, les frais de gestion (ce qu’il vous chargent pour gérez votre argent) pour leurs différents fonds varient entre 1.7% et 2,3%. Chez certaines institutions financières, certains fonds flyés peuvent atteindre les 3-4%!

Moi, je suis allergique aux frais. Quand on investi, on prête son argent à quelqu’un pour qu’il créé de la valeur avec. Je ne suis pas prête à le payer pour ça, en tout cas, certainement pas 2-3% par année.

Avec les recherches, j’ai décidé d’investir malgré tout 500$ réparti entre un fonds de travailleurs et un fonds de Tangerine, juste pour essayer. (Si c’était à refaire, j’oublierais le fonds de travailleurs)

L’avantage d’un Fonds commun de placement, c’est la simplicité des choses: un simple clic pour Tangerine et vous êtes propriétaire d’une part du fonds.  Le désavantage d’un fonds commun de placement, ce sont les frais souvent élevés qui l’accompagnent, mais aussi la rigidité des choses.

C’est selon mon observation de consommatrice/épargnante un bon outil si on choisit un fonds avec des frais pas trop élevé. C’est pas pour rien que c’est le produit le plus connu de tous. Jusqu’à récemment, c’était l’un des seuls moyens pour un épargnant lambda d’investir en bourse. Cependant, faites attention, demander le rendement NET du fonds dans les dernières années. Certains, à cause des frais de gestion, ont été négatifs…

Fonds négociés en Bourse

C’est quand Nico est revenu tout crinqué d’une présentation de la Banque Nationale aux étudiants de génie (Nico était là pour la pizza, free food, en bon étudiant paumé) en me parlant de FNB et de comment ça serait cool que je regarde ça pour  »nos hypothétiques REER » (ils sont toujours hypothétiques…) que j’ai découvert le monde merveilleux des FNB.

C’est comme un fonds commun, mais en bourse!

Avec des frais très bas, car pas d’intermédiaire entre le fonds et toi. Le tout est transigé en bourse, d’où une facilité d’achat et de vente. L’avantage principal pour moi, c’est que je pouvais acheter des parts de fonds précis selon mon profil d’investisseur, le tout sans intermédiaire et délais, en plus d’avoir le feeling  »d’être en bourse ».

L’avantage d’un FNB, c’est vraiment son coût de détention très faible (frais très bas: 0.25% vs 2%). Son désavantage, selon moi, c’est que vous devez avoir un compte de courtage pour en acheter, mais aussi apprendre à vous en servir et comprendre les dizaines de FNB qui s’offrent à vous.

Moneysense propose un portfolio super simple, le CouchPotato portfolio. L’idée c’est d’acheter des fonds avec les frais de gestion bas, qui ont fait leur preuves et avec une répartition qui correspond à votre profil d’investisseur. J’aime aussi beaucoup ce modèle. J’aime l’idée que je réparti mon risque de la même façon que le fonds commun le ferait, mais au lieu de payer quelqu’un pour le faire (et me le vendre…), je le fais moi-même pour moitié moins cher.

Et vous, comment avez-vous fait vos premiers pas dans le monde de l’investissement?

Passez le mot!
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6 Comments

  1. Des membres de ma famille m’avait « crinqué » moi et mon conjoint au début de l’année. Grâce à la bourse, ils ont fait des profits de presque 40% pour l’année, à vendre et acheter des actions. On a donc sauté dans l’aventure… Erreur! J’ai acheté des actions, mon conjoint aussi.. Ça a plus ou moins bien marché, parce que c’est comme ça que la bourse fonctionne. Qui peu battre le marché? Des individus avec peu de pouvoir d’achat? Comparé aux fonds négociés en bourse, c’est trop risqué et on finit souvent par être perdant.

    Comme toi j’ai commencé à m’y intéresser et à m’informer. J’ai choisi un portfolio proposé par Couch Potato et il y a également un atelier publié par les blog Millenial Revolution qui est super intéressant (couple de retraités dans la trentaine). Ça m’a ouvert les yeux mais l’erreur était faite.. Car avec la plateforme que j’ai choisi, je dois obligatoirement faire des transactions par année pour éviter les frais.. Mais ça vaut pas la peine de mettre des petits montants avec les 10$ de frais par transaction.. :/

    Donc j’ai fait mes achats de FNB jusqu’à atteindre le minimum pour pas payer de frais, déjà collecté quelques dividendes (minuscules, mais hey, mieux que rien!), le reste ira dans des Fonds de Tangerine/compte d’épargne, le temps que j’accumule des montants plus gros pour acheter les FNB. Ce que j’aime de Tangerine, c’est qu’à la fin de l’année, il t’envoie un beau rapport simple à comprendre comment ton argent a fructifié cette année :).

    • SaraJane

      3 avril 2017 at 2:08

      On suit le même portfolio, avec CouchPotato. En plus, il ne faut pas oublier que si tu vends et tu achètes des actions constamment, le fisc voit ça comme une profession et peut taxer tes profits…

      Il n’est pas trop tard pour changer de plateforme. Tu peux la magasiner sur hardbacon.ca
      Et puis, l’important, c’est pas mal de comprendre ce qu’on fait!

  2. Intéressant. Pour les petits épargnants, pourquoi ne pas tout simplement utiliser un robot-conseiller qui va équilibrer automatiquement le tout et qui élimine les frais d’achats de FNB justement?

    • SaraJane

      3 avril 2017 at 2:05

      C’est une bonne question. Je pense que les robots conseillers sont intéressants, dans la mesure où ils se situent à mi-chemin entre le fonds commun de placement et les FNB en terme d’effort et de frais. Cependant, il ne faut pas oublier que Questrade offre l’achat de FNB à 0$, et plusieurs autres plateformes ont des promotions semblables. En plus, plus ton portefeuille augmente, plus les frais augmentent avec les robots conseillers, c’est un pensez-y bien, mais ça peut être une option intéressante!

      • Merci de ton suivi!

        En fait c’est pas tout à fait exact. Plus ton portefeuille augmente, plus les frais augmentent en valeur absolue, toutefois, en valeur relative, ils diminuent. Par exemple, chez WealthSimple, les frais sont de 0,5% du portefeuille en bas de 100 000$ (10 000 premiers $ gratuits si tu passes par l’offre d’Hardbacon) et de 0,4% en haut de 100 000$ investis chez eux.

        Je suis d’accord avec ton point pour ce qui est de l’achat, c’est parfois gratuit. Toutefois, pour réquilibrer, tu dois aussi vendre. Disons que tu as un portefeuille de 8 000$ dans 8 FNB qui s’appliquent à diversifier ton risque en portion égales (ex.: Actions CAD, Actions USD, Actions internationales, Marchés émergents, Obligations gouvernementales, Obligations corporatives, REIT et divers (devise ou commodité)). Dans une année, il est clair qu’il y aura des ajustements à faire. Tu peux les faire une seule fois ou alors plusieurs fois. Disons que tu fais que 4 ajustements sur des portefeuilles ayant surperformés pour en acheter 4 qui ont sous-performés afin de te ramener à ta pondération initiale. Tu as donc 40$ de frais de transaction. Si tu fais ça uniquement annuellement, tu es au pair (40$/8000$ = 0.5% de frais). Si tu fais ça plus souvent, tu viens de perdre. Également, tu fais quoi avec les dividendes produits? Si tu les réinvestis pas, tu perds l’effet de capitalisation des intérêts… L’idée du robot c’est qu’il réinvesti le 0.25$ que tu reçois chaque mois en dividendes. Au début ça paraît pas, mais toi comme moi on sait que la capitalisation fait grandir énormément ton capital. De 0.25$, tu finiras par passer à 0.26 puis 0.27 et ainsi de suite… Bref, pour des petits investisseurs, je suis pas sûr que les robots sont pas très pertinents. Sinon, il existe des fonds communs qui ont pas de frais de transactions chez TD et qui sont à faibles MER. Mais bon, le meilleur moyen de battre la moyenne des ours, c’est simplement d’acheter des indices et de rien faire après, sauf regarder ton pécule augmenter sans cesse. Si tu réinvestis les dividendes que tu reçois, l’effet fait boule de neige sur une longue période!

        • SaraJane

          19 avril 2017 at 6:07

          Tu as raison, mais je ne dis jamais que les robots-conseillers ne peuvent pas être une belle option, au contraire.

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