Category: Véhicules d’épargne

Investir: par où commencer?

Je suis allée récemment à une conférence donnée par Julien Brault, fondateur d’Hardbacon, une entreprise québécoise qui veut démocratiser l’investissement au Québec. Cette conférence portait sur … l’investissement (mais quel suspense!)

J’y assistais, parce que malgré le fait que je m’y intéresse, je ne suis absolument pas une experte. Je veux en apprendre plus pour être en mesure de mieux gérer mes finances et mieux comprendre les choix qui s’offrent à moi, parce qu’on se le cachera pas, dès que tu rentres dans le bureau d’un conseiller financier, tu as beau être une personne intelligente et fonctionnelle en-dehors, en-dedans, tu te transformes en une patate. Une patate qui comprend juste que l’argent va bouger de ton compte-chèque à ton REER/CELI et  »fructifier » (non, tu seras pas obligé d’aller aux pommes avec ta blonde pour fructifier… la pognes-tu? 😉 ) Même quand tu te prépares et poses des questions, tu ressors quand même en te sentant comme une patate.

Lors de la conférence, on était de tous les niveaux à la formation: newbies à taponneux. C’était super. Démystifier un peu l’investissement, lever le voile sur la magie de la chose. Maintenant, je vais être moins une patate (et vous aussi!)

Investir, c’est quoi?

Investir, c’est prendre son argent et le prêter à une entité quelconque en échange d’un rendement. That’s it, that’s all.

L’entité quelconque peut-être une banque, un gouvernement, une municipalité, une compagnie, vous-même, etc.

L’idée, c’est de créer de la valeur avec vos dollar. Si vous achetez des actions d’une compagnie, elle se servira de l’argent recueilli ainsi pour financer l’achat d’actifs ou le lancement d’un nouveau produit, ou encore, pour relancer ses opérations. Si vous achetez des obligations municipales, la municipalité se servira des sous recueilli pour financer des infrastructures qui bénéficieront à tous ses citoyens.

En échange de leur prêter des sous, vous aurez accès à un certain rendement. Les obligations verseront un coupon (intérêts). Les actions pourraient verser un dividende, mais surtout, elles croîtront. Si vous investissez dans votre entreprise, vous vous verserez un dividende. Si vous achetez un bien immobilier, vous devriez voir sa valeur augmenter au fil du temps.

Investir- par où commencer.

Pourquoi investir plutôt qu’épargner?

La plupart des gens vous diront que vous devez épargner pour votre retraite et ils ont un peu tort.

Épargner, c’est mettre de l’argent de côté. Tout simplement. Un peu comme si vous retireriez 100$ du guichet automatique, que vous en dépensiez 80$ et rangiez le 20$ restant dans le tiroir de votre table de chevet.

Si vous faites ça à chaque semaine, vous aurez 1040$ dans votre tiroir de table de chevet. Vous n’auriez rien de plus,

Essayer de financer le tiers de votre vie avec le cinquième de votre salaire. Vous n’y arriverez pas, c’est arithmétique. En plus d’épargner, il faut investir!

C’est dans cette logique, que quand j’ai commencé à avoir des sous à mettre de côté, vers mes 18 ans, j’ai voulu les  »investir ». Parce que, tsé, qui n’a jamais voulu être riche? J’entendais parler de rendement de 7-8%, alors que ma banque ne me proposait que des CPG à 3% (ah! c’était le bon temps, maintenant, si elles offrent du 1,5%, c’est bon…).

J’avais bien sûr entendu parler de la bourse et de l’achat d’actions, mais je n’avais aucune idée comment on achète ça des actions… Clairement pas à l’épicerie ou à la Caisse Pop!

Investir, mais dans quoi?

Certains vont répondre:

« Mais dans un REER pardi! »

(Je suis certaine que personne ne dit plus  »pardi », mais c’est plutôt comique de l’imaginer tout de même)

Pour ceux qui répondent ça, je suis désolé de vous répondre que le REER n’est pas un investissement… c’est un véhicule financier.

Pensez au REER comme une sacoche; à l’intérieur de la sacoche, on peut retrouver plusieurs articles: porte-monnaie, téléphone, poignée de change, une barre tendre au cas-où, etc. Le REER permet de prendre plusieurs produits financiers: actions, FNB, CPG, métaux, immobilier, fonds communs de placements et de les mettre à l’abri de l’impôt jusqu’à votre retraite. Au passage, le gouvernement vous redonne l’impôt payé sur votre argent (parce qu’il sera imposé à la sortie, donc on vous redonne l’impôt payé à l’entrée), ce qui explique l’engouement pour le REER (entre autres choses!).

Par contre, à l’intérieur du REER, on peut placer différents investissements! Pareil pour le CELI.

Pour plus d’info sur ces deux véhicules financiers, consultez mes précédents articles: REER et CELI.

Celui que vous choisissez doit l’être en fonction d’une planification financière solide. Le REER permet de réduire le revenu maintenant, mais augmente le revenu au retrait. Le CELI ne change rien à votre revenu, mais tous les intérêts échappent à l’imposition. (pour vous aider à faire un choix: REER ou CELI, lequel choisir?)

En 2009, mon jeune moi avait penché vers le CELI, nouvel outil du moment, entre autre pour la facilité d’utilisation. Et comme je ne comprenais rien à l’investissement, j’avais placé à l’intérieur de mon nouveau et rutilant CELI… un compte-épargne.

Pwomp pwomp pwoooomp…

C’est l’an dernier que j’ai eu envie de me pencher plus sérieusement sur le rendement généré par notre épargne. La bourse m’a toujours intéressée, mais, on va se le dire franchement, je suis paresseuse. La taxe paresse, ça s’applique souvent dans mon cas. Je fais souvent le calcul entre la somme d’efforts et le rendement et j’essaie d’optimiser le tout. Et disons que d’apprendre les rouages de la Bourse, ça ne m’apparaît pas assez simple pour la paresseuse que je suis (mais qui sait, peut-être avec la formation de Hardbacon, je vais m’y mettre…)

C’est cette simple réflexion qui m’a amené à me penché sur deux types d’investissement: le fonds commun de placement et le fonds négocié en bourse.

C’est quoi un fonds?

Expliqué simplement, c’est une salade de fruit.

Vous prenez des pommes, des bananes, des raisins, des bleuets, de kiwi et vous mélangez tout ça.

Vous vous prenez un bol de votre salade de fruits et vous aurez dedans un peu de tout. Si vous aviez voulu goûter à tous ces fruits, vous auriez dû en manger plus d’un kilo. Là, avec un petit bol, vous avez le plaisir de déguster l’arc-en-ciel sans éclater.

fonds-commun-fnb-arc-en-ciel

Même principe pour un fonds (qu’il soit commun ou négocié en bourse). Un gestionnaire de portefeuille chevronné fait une sélection de plein plein plein de compagnies qu’il juge intéressante et qui correspondent aux critères du fonds et réparti leur poids (%) selon des calculs précis pour atteindre  un certain niveau de risque.  Il s’occupe ensuite de maintenir le fonds et de veiller à une bonne répartition du poids de chaque action. Il divise ensuite le fonds en plein de petits bouts, qu’il vous revend.

Vous êtes maintenant propriétaires de plein de compagnies via le petit bout du fonds que vous avez acheté.

La grande force d’un fonds c’est sa diversification, inhérente à sa constitution et aussi le pouvoir commun. Tout seul, vous ne pourriez pas acheter 20% de Shell, mais avec le poids de milliers d’autres investisseurs, le fonds peut l’être et par ricochet, vous aussi!

Fonds commun de placement

J’ai tout d’abord investigué du côté des Fonds communs de placement. C’est vieux comme le monde, mes parents connaissaient ça et toute les banques en vendent. L’affaire était gorlo, non?

Non.

Attention aux frais les amis. Chez Desjardins, les frais de gestion (ce qu’il vous chargent pour gérez votre argent) pour leurs différents fonds varient entre 1.7% et 2,3%. Chez certaines institutions financières, certains fonds flyés peuvent atteindre les 3-4%!

Moi, je suis allergique aux frais. Quand on investi, on prête son argent à quelqu’un pour qu’il créé de la valeur avec. Je ne suis pas prête à le payer pour ça, en tout cas, certainement pas 2-3% par année.

Avec les recherches, j’ai décidé d’investir malgré tout 500$ réparti entre un fonds de travailleurs et un fonds de Tangerine, juste pour essayer. (Si c’était à refaire, j’oublierais le fonds de travailleurs)

L’avantage d’un Fonds commun de placement, c’est la simplicité des choses: un simple clic pour Tangerine et vous êtes propriétaire d’une part du fonds.  Le désavantage d’un fonds commun de placement, ce sont les frais souvent élevés qui l’accompagnent, mais aussi la rigidité des choses.

C’est selon mon observation de consommatrice/épargnante un bon outil si on choisit un fonds avec des frais pas trop élevé. C’est pas pour rien que c’est le produit le plus connu de tous. Jusqu’à récemment, c’était l’un des seuls moyens pour un épargnant lambda d’investir en bourse. Cependant, faites attention, demander le rendement NET du fonds dans les dernières années. Certains, à cause des frais de gestion, ont été négatifs…

Fonds négociés en Bourse

C’est quand Nico est revenu tout crinqué d’une présentation de la Banque Nationale aux étudiants de génie (Nico était là pour la pizza, free food, en bon étudiant paumé) en me parlant de FNB et de comment ça serait cool que je regarde ça pour  »nos hypothétiques REER » (ils sont toujours hypothétiques…) que j’ai découvert le monde merveilleux des FNB.

C’est comme un fonds commun, mais en bourse!

Avec des frais très bas, car pas d’intermédiaire entre le fonds et toi. Le tout est transigé en bourse, d’où une facilité d’achat et de vente. L’avantage principal pour moi, c’est que je pouvais acheter des parts de fonds précis selon mon profil d’investisseur, le tout sans intermédiaire et délais, en plus d’avoir le feeling  »d’être en bourse ».

L’avantage d’un FNB, c’est vraiment son coût de détention très faible (frais très bas: 0.25% vs 2%). Son désavantage, selon moi, c’est que vous devez avoir un compte de courtage pour en acheter, mais aussi apprendre à vous en servir et comprendre les dizaines de FNB qui s’offrent à vous.

Moneysense propose un portfolio super simple, le CouchPotato portfolio. L’idée c’est d’acheter des fonds avec les frais de gestion bas, qui ont fait leur preuves et avec une répartition qui correspond à votre profil d’investisseur. J’aime aussi beaucoup ce modèle. J’aime l’idée que je réparti mon risque de la même façon que le fonds commun le ferait, mais au lieu de payer quelqu’un pour le faire (et me le vendre…), je le fais moi-même pour moitié moins cher.

Et vous, comment avez-vous fait vos premiers pas dans le monde de l’investissement?

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Choisir entre REER et CELI

Félix C-Leclerc a répondu vaillamment à mon appel à tous sur Facebook quand j’ai demandé ce que vous vouliez lire cette semaine. Il m’a demandé, entre autres,

« Les pour/contre du CELI/REER selon l’âge de l’épargnant(e) »

J’ai donc pis le taureau par les cornes, fait quelques recherches et j’ai constaté une première chose:

L’âge a pas grand rapport ici, sauf si c’est que pour accumuler des droits de cotisations au CELI, tu dois avoir 18 ans. Et pour cotiser, tu dois avoir 18 ans pour les deux.

Point.

Sauf que…

Sauf qu’on sait que l’âge est corrélé avec le revenu. Plus vous vieillissez, plus vous gagnez d’argent habituellement. Ce n’est pas un lien de cause à effet, mais une simple corrélation. On pourrait penser que plus vous vieillissez plus vous gagnez d’expérience et d’ancienneté, alors votre revenu augmente. Voici une belle formule de régression linéaire pour vous, juste au cas où vous auriez voulu des preuves.

 

Corrélation de l'âge au revenu

Source: Thierry Foucart

 

Donc si l’âge est corrélé positivement avec le revenu, on peut supposer que plus on veilli, plus on fait d’argent. Alors au lieu de se demander comment choisir entre REER et CELI selon l’âge, on va y aller avec le revenu. Je suppose aussi que vous avez entre 18 et 35 ans pour les fins de l’article.

 

Différence du traitement fiscal:

Ce qu’il faut bien comprendre pour la suite, c’est la principale différence au niveau fiscal entre le REER et le CELI.

Le REER, ça reporte votre impôt dans le temps. Vous ne le payez pas aujourd’hui (c’est pour ça que vous avez un retour d’impôts, c’est parce que le gouvernement vous le retourne), mais vous le payerez quand vous décaisserez votre REER quand vous êtes à la retraite. Comme à la retraite votre niveau d’imposition sera moindre, vous devriez en payer moins qu’aujourd’hui et être gras dur.

Les cotisations au CELI sont effectuées avec de l’argent déjà imposé, et ne donnent droit à aucune déductions. Cependant, vous ne serez pas imposés sur vos gains, même si vous penny stocks à l’intérieur de celui-ci prennent 52%. Merveilleux donc, mais aucun retour d’impôt, en échange de quoi vous n’en paierez pas dans le futur.

 

Les niveaux d’imposition au Canada et Québec

Au Canada, le premier 45 282$ de votre revenu est imposé à 15%. Le 45 283e dollar est imposé à 20.5%.

Pour le Québec, le premier 42 390$ est imposé à 16%. À partir de 42 391$, le taux d’imposition augmente à 20%.

Bam!

Ensuite ça monte par palier (voici les paliers d’imposition pour le Canada et le Québec). Plus votre revenu augmente, plus vous payez d’impôt. C’est ce qu’on appel l’impôt progressif.

Mais notre système à le défaut suivant, entre 30 000$ et 45 000$, il existe une espèce de trappe pour certaines personnes, qui se mettent à faire moins d’argent au net quand elles font plus d’argent au brut, surtout pour les familles. La différence est pas énorme, mais ça peut être enrangeant, surtout pour les familles à un seul revenu. Passé le premier palier d’imposition (45 000$), l’effet de trappe s’atténue et vous profitez de vos revenus supplémentaires.

Choisir entre REER et CELI

 

Alors, dans quoi devriez-vous mettre votre argent?*

En bas de 45 000$, je pense que je n’investirais que dans mon CELI, jusqu’au maximum, et ensuite, je prendrais mon REER.

L’idée est que plus votre taux d’imposition est élevé, plus c’est avantageux de souscrire à un REER. C’est surtout vrai quand on dépasse le cap du 45 283$ . En-bas de ça, il existe tellement de programmes et d’avantages fiscaux qu’il est peu avantageux d’essayer de sauver encore un petit peu en cotisant à son REER (sauf si on se retrouve dans la trappe, on peut alors tenter de réduire son revenu imposable suffisamment en y cotisant).

Cependant, si vous vouliez vraiment mettre de l’argent dans votre REER pour le kick, parce que vos parents vous gossent avec ça ou parce que ça fait vraiment hot de pouvoir dire que tu as des REER, vous pourriez aussi simplement reporter vos déductions. En gros, vous mettez 1000$ cette année dans votre REER, mais vous dites dans votre rapport d’impôt, « je ne veux pas prendre mon retour d’impôt cette année, je vais le reporter dans le futur« . Comme quand vous reportez votre crédit d’impôt pour frais de scolarité. Vous pourrez alors utiliser votre déduction quand vos revenus auront augmenté et cotiser quand même maintenant.

Je pense cependant, que quand on a des buts à court-terme (comme une maison, ou des rénovations importantes), le CELI est moins contraignant à cause de l’absence de contraintes sur les retraits. À cause de ça, si mes revenus était de 45 000$ et plus, j’irais avec le REER et mais j’investirais les retours d’impôts dans un CELI (et une partie de mon épargne aussi), histoire d’avoir le meilleur des deux mondes.

Vous voulez faire une simulation d’optimisation? Ouvrez un logiciel de déclaration d’impôt et faites-vous des scénarios en extrapolant vos données de l’an dernier. Je suis sérieuse. C’est gratuit, car vous ne payez que pour envoyer votre rapport à la fin. Donc, vous ouvrez le logiciel répondez au question et faites varier votre niveau de cotisation à votre REER. Vous verrez par vous-mêmes la différence. J’utilise Impôt Rapide. Vous pouvez aussi aller voir un planificateur financier, si vous voulez être absolument certain et rassuré.

L’un des derniers avantages du CELI, c’est que quand vous en retirez de l’argent, ce n’est pas comptabilisé dans vos revenus, donc vous ne payez pas d’impôts sur le retrait. C’est bien pour compléter les revenus à la retraite tout en restant dans un palier d’imposition moins élevé,  et donc vous êtes moins imposés à la retraite! Certains pourraient même conserver le Supplément de Revenu Garanti, gros incitatif.

*Je ne suis pas conseillère en finances 🙂 alors je ne peux pas vous donner de conseils, juste vous dire ce que moi je pense.

 

Pourquoi le CELI plus que le REER dans mon cas?

Qu’est-ce que vous préférez vous, 15% de rabais ou 20% de rabais?

Moi aussi, 20%.

Mon salaire est actuellement plus-bas que 45 000$. En fait, en considérant les revenus du triplex (brut), je suis tout juste à 42 000$.

Comme j’espère qu’un jour, mon salaire dépassera le 45 000$, je préfère retarder mes cotisations REER pour en retirer le maximum plus tard. Surtout qu’actuellement, je suis encore en train de passer tout mes crédits d’impôts pour frais de scolarité, c’est ça qui arrive quand on étudie 7 ans!

La différence de 5%, entre le taux d’imposition de 15% et le prochain à 20%, sur 5000$, ça correspond à 250$ par année de plus en retour d’impôt et c’est pas mal de sous.

En attendant, j’essaie de maximiser mon CELI ( et j’en suis encore loin…) à la place. Comme nous sommes dans une situation où Nico est encore aux études et que nous ne savons pas notre situation dans 6 mois, je suis plus à l’aise avec les choses comme elles le sont.

 

Et le RAP dans tout ça?

La plupart des conseillers à la banque vont vous dire:

« Oui, mais les REER tu peux les utiliser pour acheter une première maison »!

Duh, je peux utiliser mon p’tit cochon aussi! Le RAP n’est pas le seul moyen d’économiser pour une maison. Le CELI est tout aussi valable, de même que le bon vieux compte-épargne, car vous ne devriez pas viser à faire des revenus à partir de votre mise de fonds, mais plutôt à la maintenir en sécurité, loin des soubresauts du marché.

Choisir entre REER et CELI: le RAP

 

L’avantage du REER, c’est de reporter l’impôt. Point. C’est pas parce que vous allez utiliser les fonds pour acheter une maison que soudainement ça vaut plus la peine qu’avant si vous faites encore 20 000$ par an. Le RAP (régime d’accession à la propriété), c’est excellent pour ceux qui gagneraient en-haut que 45 000$, mais ça reste moins avantageux pour ceux qui font moins, surtout si vous avez espérance que votre salaire augmente dans les années qui suivent l’achat de votre maison.

Pourquoi?

Parce qu’avec le RAP, vous devez commencer à remettre l’argent que vous avez sorti de votre REER dans les deux ans qui suivent l’achat. Et toutes les cotisations que vous allez faire pour rembourser le montant que vous avez pris, elles, elles ne généreront pas de retour d’impôts. Ils vous l’ont donné la première fois, donc une fois, c’est assez. Si vous avez pris le maximum de 25 000$ et que ça vous prend 5 ans le remettre, pendant 5 ans, vous n’aurez aucune déductions.

Alors si quand vous avez mis votre argent dans le REER au début, vous faisiez 35 000$ annuellement et quand vous les remettez vous faites 47 000$, vous perdez littéralement de l’argent.

Si vous aviez bâti votre mise de fonds dans un CELI, vous auriez aussi pu l’utiliser pour acheter la maison, sans payer d’impôts ni rien et vous auriez conservé vos droits de REER pour plus tard, quand vous auriez fait 47 000$. En plus, vous n’êtes pas obligés de remettre l’argent dans les 2 ans qui suivent avec le CELI. Moins contraignant!

 

Plus liquide ou moins liquide?

Certains diront:

« Oui mais quand c’est dans mon REER, je peux pas y toucher, donc je ne le dépense pas. »

Je pense que le CELI peut aussi être vu de la même façon, surtout s’il est investi dans des actifs moins liquides, comme des bons, des actions ou un fonds mutuel. J’ai actuellement un compte CELI chez Questrade et croyez-moi, sortir mon argent de là me serait difficile à cause des frais de transactions associés à la vente de mon porte-feuille. Un CELI n’est pas nécessairement toujours investi dans un actif liquide, contrairement à la croyance répandue.

Vous pouvez aussi vous arranger pour avoir un REER super liquide, parce que rappelez-vous, c’est possible d’avoir de l’argent sonnant et trébuchant à l’intérieur d’un REER. Dans un compte-épargne ben ordinaire. Oui, vous payerez de l’impôt et une taxe si vous le sortez de là, mais c’est possible si vous êtes décidé de retirer de son compte REER.

En gros, ce que je veux dire, c’est que vous ne devriez pas compter sur les règles qui entourent un véhicule financier pour ne pas le dépenser. Come on, un petit peu de self-control! 😉 Vous devriez être en mesure de vous dire que vous ne pouvez pas y toucher, c’est pour vous, dans le futur.

 

En gros: l’important c’est d’épargner pour le futur. Le reste, c’est de l’optimisation fiscale, c’est important, mais vous devez commencer par épargner!

 

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Le CELI, ça mange quoi en hiver?

Pour faire suite à mon précédent article sur le REER, je vous présenterai aujourd’hui CELI, un autre véhicule d’épargne avec avantages fiscaux. Plus récent que le REER, le Compte Épargne Libre d’Impôt (tax free saving account, TFSA, en anglais) a été lancé en 2009, mais est encore largement méconnu!

Il visait à faire épargner les Canadiens sur un autre horizon que celui de la retraite.

Ah oui, parce qu’en 2008, avec la crise de Subprimes, le Canada se regarde le nombril pis se rend compte que, malgré qu’il se targue d’avoir mieux absorbé la crise grâce à son système bancaire plus  »stable » que celui des US, les ménages canadiens sont endettés. Genre intensément endettés, à 150%. Ce qui veut dire que pour chaque dollar de revenu disponible, le ménage moyen à 1,50$ de dette. Vous me croyez pas? Checkez ça:

 

Qu'est-ce que ça mange en hiver, le CELI?

 

Donc, là, notre gouvernement panique un peu et se dit que ça va péter, surtout si la Banque du Canada baisse ses taux pour relancer l’économie, incitant ainsi les gens à emprunter et consommer. C’est ainsi qu’il donne accès à un véhicule financier qui a fait ses preuves ailleurs dans le monde, le CELI.

Depuis le 2 janvier 2009, on peut donc placer nos sous dans un autre super véhicule financier avec avantages fiscaux.

Fonctionnement du CELI

Contrairement au REER, où chaque dollar qui y est placé vous donne un crédit d’impôt équivalent, le CELI ne donne pas de crédit d’impôt. Ce que vous y placez, ce sont vos dollars nets, après déductions. Cependant, vous ne payez pas d’impôt sur vos gains en capital ou vos revenus d’intérêts. Pas mal! Si par exemple, vous investissez dans des penny stock à l’intérieur d’un CELI et que la valeur de ceux-ci explosent de 100%, vous ne paierez pas d’impôt sur vos gains, ce qui est non-négligeable. De plus, tout argent qui est retiré d’un CELI est entièrement libre d’impôt et ne compte pas dans vos revenus. C’est logique, puisqu’il a déjà été imposé au départ.

Aussi, le CELI est avantageux dans le fait qu’il n’y a pas de conditions quant au retrait.  Alors qu’avec le REER, si vous ne voulez pas payer de pénalités, vous ne pouvez retirer que dans 3 situations très précises, le CELI vous permet d’économiser pour un voyage, une voiture, des rénos, etc, sans avoir à vous soucier des pénalités associées aux retraits.

Comme pour le REER, on ne peut pas déduire de ses revenus les pertes encourues à l’intérieur d’un CELI, pour la simple et bonne raison que vous n’êtes pas imposés sur les gains non plus ;).

Et si un mon’oncle vous dit à Noël:

Un CELI ça rapporte rien! Tu perds ton argent en prenant ça.

Vous pourrez lui répondre qu’un CELI, c’est véhicule d’épargne, avec des avantages fiscaux, mais qu’en tant que tel, le CELI ne génère aucun rendement (outre l’impôt épargné!). Ce sont les produits financiers qui sont placés dans le CELI qui génèrent les rendements. C’est certain que si vous ouvrez un CELI avec un compte-épargne traditionnel, vous n’aurez pas le même rendement que si vous achetez des fonds communs de placements ou des actions!

 

Qu'est-ce que ça mange en hiver, le CELI?

Règles du CELI

Ce n’est pas franchement complexe, mais la règle sur les retraits est un peu étrange. Voici donc les règles applicables au CELI:

-Vous devez avoir 18 ans pour cotiser.

-Vous avez droits à 5500$ de nouveaux droits de cotisation annuellement et ceux-ci s’accumulent si vous n’utilisez pas tout le montant. Si vous aviez 18 ans ou plus en 2009, vous avez une limite de  41 500$  en 2016 que vous pouvez accumuler dans un CELI (5000$ par an de 2009 à 2013, 5500$ pour 2013 et 2014, 10 000$ en 2015 et 5500$ en 2016).

-La cotisation, c’est le montant d’argent que vous y placez en un an. Si vous avez droit à 5500$, que vous placez 5500$, retirez 1000$, vous ne pourrez pas y replacer 1000$ dans la même année, puisque vous avez atteint votre maximum pour l’année. Cependant, l’année suivante, vous pourrez y placer 5500$ (droit pour l’année)+1000$ ( retrait de l’an dernier), car les retraits de l’année précédente s’ajoute aux droits de cotisation de l’année suivante.

-Comme pour le REER, vous pouvez avoir plusieurs compte CELI, mais vous conservez le même plafond de cotisation. C’est pas parce que vous avez 10 comptes que vous pouvez cotiser 55 000$/an! Les cotisations, c’est par individu et pas par compte.

-Vous pouvez avoir les placements suivants à l’intérieur d’un CELI:

  • argent comptant;
  • fonds communs de placement;
  • valeurs mobilières cotées à une bourse de valeur désignée (comprenant les FNB)
  • certificats de placements garantis;
  • obligations;
  • certaines actions de petites entreprises.

Attention à…

-Ne pas dépenser la limite de cotisation, car un taux de 1% par mois sur les cotisations excédentaires sera réclamé par le Gouvernement.

-Aux frais des comptes CELI exigés par certaines banques. Souvent, ils chargent pour les retraits et ça fait mal.

-Avoir un CELI investi dans des certificats garantis de placements à 1,8% et un porte-feuille d’actions dans un compte non-enregistré rapportant annuellement 4%. Vous serez imposé sur le 4% plutôt que sur le 1,8%. Faites votre choix, mais l’avantage fiscal est là pour ça!

Qu'est ce que ça mange en hiver, le CELI

Exemple de fonctionnement:

Julie à 25 ans et ouvre son deuxième CELI. Le premier, elle l’a investi en fonds commun de placement. Comme elle avait 18 ans en 2009, elle peut avoir dans ses CELI jusqu’à 41 500$. Dans le premier, il y a 35 000$. Comme elle n’a pas fait de retrait l’an dernier et pas encore cotiser cette année, elle peut donc verser jusqu’à 6 500$ (41 500$-35 000$= 6500$) cette année. Elle verse 6500$ dans son CELI, puis doit retirer 5000$ pour acheter une nouvelle voiture.

Julie a tout utilisé sa chambre de cotisation pour 2016 et doit attendre à l’an prochain avant de cotiser de nouveau. Cependant, elle pourra cotiser 10 500$ l’an prochain, car elle peut regarnir le 5000$ qu’elle avait retiré.

Pour ma part

J’ai ouvert mon premier CELI en 2009. Comme mon taux d’imposition a été, jusqu’à présent, relativement faible, j’ai toujours cotisé à celui-ci plutôt que mon REER, dont je conserve la chambre de cotisation pour plus tard.

Jusqu’à la semaine dernière, mon CELI comprenait uniquement, et très simplement, un compte-épargne. Je ne connaissais pas suffisamment les plateformes de courtage en ligne pour comprendre comment ouvrir un compte.  J’ai profité de mes vacances pour me botter le derrière et commencer mes démarches pour ouvrir un compte de courtage en ligne avec un compte CELI. J’y ai acheté pour 1000$ de fonds négociés en Bourse (FNB). J’expérimente, j’ai fait des recherches et je me suis fait un porte-feuille avec des frais de gestion très faible et un profil de risque qui me correspond. Questrade est super pour ça, car il n’y a aucun frais pour l’achat de FNB. (vous pouvez comparer les plateformes sur Hardbacon.ca)

J’ai aussi ouvert un autre CELI, mais cette fois-ci, investi dans un fonds commun de placement chez Tangerine. Les frais sont 10 fois plus élevé que mon porte-feuille de FNB, mais je veux comparer les rendements. C’est surtout beaucoup plus simple: pas de bourse à regarder, pas de porte-feuille à rééquilibrer et pas d’ordre d’achat à passer. On vire les sous et c’est tout.

Je compte continuer à placer mon argent dans mes CELI jusqu’à ce que mon revenu justifie le REER ou alors, si j’atteins la limite du CELI!

Pour plus d’info: 

ARC

Et vous? Avez-vous un CELI d’ouvert? Comment le gérez-vous? Et si vous n’en avez pas, pourquoi?

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Ça mange quoi en hiver: le REER

Tu sais que tu commences à être un adulte pour de vrai quand tu te mets à stresser avec ton absence de REER.

Ben oui, parce que tout le monde sait que pour être un adulte, ça te prend deux choses: Continue reading

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