Si vous êtes une fille et n’avez jamais vécu une situation où votre habilité de compter a été remise en question parce que vous êtes une fille, vous êtes probablement une visiteuse du futur. Du vendeur de voiture au prof d’université, en passant par les monsieur-tout-le-monde qui pense être fins en t’expliquant quelque chose que tu comprends déjà, les occasions sont nombreuses de se faire dire qu’une fille et les chiffres, c’est pas sensé faire bon ménage.

La semaine dernière, j’ai voulu avoir les avis de pairs dans le domaine de l’immobilier. Ma question était simple et demandait simplement leur vécu avec une situation précise concernant le comportement d’un locataire. En gros, j’ai un locataire dont le logement est à rénover au complet, j’aimerais lui proposer un arrangement pour qu’il quitte de lui-même, avec compensation, plutôt que de passer par l’aspect poche de la régie (pour lui et moi). J’ai eu le malheur d’écrire des chiffres dans ma mise en contexte; en gros, que je comptais mettre 10 000$ dans la rénovation, que ce 10 000$ avait un potentiel de valeur de 20 000$ pour le bloc entier.

Vous auriez dû voir les réponses que j’ai eu:

« Avant d’investir, tu devrais faire des calculs » 

¨Ça vaut ben plus la peine de vendre le bloc que d’investir ce montant là »

Et autres réponses tout aussi paternalistes.

Comme si je n’avais pas fait mes calculs! Avant d’investir 10 000$ de mes liquidités, tu peux être CERTAIN que j’ai fait mes devoirs. J’ai fait des scénarios, j’ai planifié selon différents horizons, j’ai validé les lois et règlements, bref, crois-moi je suis blindée. Non seulement, j’ai pris la meilleure décision, au mieux de mes compétences, mais je suis aussi allée chercher l’avis d’autres experts.

Ce que je trouvais vraiment fumant, c’était que ces réponses-là, aucun gars n’y aurait eu droit. Deux jours avant que je pose ma question, un gars posait une question qui allait comme suit: comment déterminez-vous quel immeuble vaut la peine d’être acheté.  Une des réponses en top de liste: ceux qui ont des logements qui peuvent facilement être rénovés pour être reloués plus cher et faire augmenter la valeur du bloc.

Faque moi, la nounoune, je devrais vendre mon bloc, pour que des experts mâles puissent l’acheter et faire de l’argent. Parce que clairement, moi, je sais pas comment ça marche. Je sais pas compter, tout le monde sait que les filles et les chiffres, c’est pas un bon mélange.

les filles et les chiffres

Le stéréotype de la blonde et des chiffres

L’image est imprimé dans notre subconscient: la fille nouille, pas capable de compter. On se le fait répéter depuis le primaire: les filles sont bonnes en français, les gars en maths. Tu en viens à l’accepter.

Tu vas à la banque avec ton chum et le conseiller explique les choses plus à ton chum qu’à toi. Il fait un effort pour t’inclure, tu peux au moins lui donner ça, mais quand vient le temps de parler de rendement, automatiquement, ça devient un boy’s club.

Récemment, j’étais à un événement et un homme me dit à la blague, au détour d’une conversation:

« Les seuls chiffres qu’une femme comprend, c’est son numéro de téléphone »

Oui, c’était une blague, je le sais. Sauf que même quand tu comprends les chiffres et que tu le sais que tu es douée, à voir le monde douter que tu puisses l’être, tu te mets à douter toi aussi.

Reprenons les chiffres!

Pas besoin d’un bac en maths pour comprendre et maîtriser ses finances (dieu merci!), alors reprenons confiance! Réapproprions-nous les chiffres!! Exigeons que le conseiller nous explique si on ne comprend pas. Arrêtons de se dire qu’on ne peut pas comprendre parce que les maths, c’est pas pour les filles. Et quand quelqu’un se met à vous expliquer un concept que vous maîtrisez déjà (manplaining) arrêtez-le gentiment en lui disant: merci, je suis au courant. Si ce n’est pas pour nous, ça sera pour les prochaines.

Et disons aux emmerdeurs des groupes Facebook:

« Toi, retourne faire tes calculs »

#girlpower

 

Passez le mot!
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