Category: Chroniques de Cenne

Je n’aime pas échouer… mais c’est ça pareil.

L’an dernier, on achetait une maison. Une très belle maison, quoi que désespérément en manque d’entretien. Nous avions prévu mettre 40 000$ en tout les 2 premières années. Nous sommes actuellement à 40 000$, en un an. On prévoit devoir mettre 25 000$ en 2018.

Finalement, l’Univers a décidé que plutôt que de prendre 5 ans pour rénover complètement la maison, on ferait ça en 2 ans.

Tiens-toé, mange d’la misère

Quand l'Univers te fait des misères...

Actuellement, le total combiné de nos soldes est de 42 000$.

Nous visions à maintenir celles-ci proche du 25 000$. C’est un échec cuisant.

Nico a même dû aller demander une augmentation de sa marge pour ingénieur pour absorber la dernière phase des rénos en mai dernier. Ça, ce n’est encore pas si pire.

Le pire, c’est quand, en voulant changer certaines fenêtres, le revêtement extérieur d’une partie de la maison est littéralement tombé du mur, nous obligeant à entreprendre ces travaux qui n’étaient pas prévus avant… 3 ans! Nous devrons donc prendre le montant encore disponible sur les marges au printemps prochains pour entamer ces travaux.

Entre vous et moi…

On peut se parler franchement vous et moi?

Merveilleux!

Entre vous et moi et le poêle à bois, j’ai honte.

Honte du fait que nous sommes tombés dans le piège des  »tant qu’à »

Honte d’avoir payé la maison environ 10 000$ de trop.

Honte de ne pas avoir prévu 17 000$ de rénovations.

Honte que la maison ne soit toujours pas finie.

Honte qu’une partie de l’extérieur soit sur le papier de construction parce que nous n’avons pas eu le temps (ni l’argent!) de refaire l’extérieur avant l’automne.

Honte que ce mois-ci, nous devions mettre une partie des achats  »rénos » sur la marge.

Honte d’avoir à dire: je pense qu’on a fait une gaffe.

Même si, chaque jour, je me rappelle que l’argent que nous devons a été utilisé dans l’amélioration et l’entretien d’un bien durable et pas en futilités, j’ai mal au coeur.

Même si le montant de remboursement exigible est loin de nous prendre à la gorge, j’angoisse.

Même si la valeur de la maison, une fois tous les travaux terminés, passera de 170 000$ à 260 000$, je reste très anxieuse.

En trois mots: j’ai échoué. 

En quatre mots: j’ai échoué lamentablement.

On se relève les manches

Nous savons que le taux d’intérêts associés aux marges est variable et la hausse des taux est commencée, nous avons donc décidé, en juin dernier, de mettre toutes nos liquidités au remboursement de notre dette. Pour un total de presque 2000$ par mois.

Ça marche! Nous sommes passés de presque 50 000$ à 42 000$ aujourd’hui, le tout en continuant de faire quelques rénos ici et là, dont les plus grosses ont été de 3000$. Si nous n’avions pas eu à refaire l’extérieur si tôt, nous aurions remboursé nos dettes en 2 ans.

Nous avons la chance d’avoir deux emplois stables, bien rémunérés, ce qui nous permet de faire ce genre de remboursement.

C’est difficile. Nous avons dû retourner à un budget d’étudiants, après avoir goûté au p’tit lousse, c’est franchement pas facile.

Par contre, ça me donne au moins l’impression de faire quelque chose.

Syndrome de l’imposteur

On s’entend une blogueuse en finances perso qui se ramasse avec 50 000$ en un an, c’est pas glorieux.

Le pire, c’est que je me sentais à l’aise avec ce montant de dettes, jusqu’à ce que l’extérieur se mette à tomber. Là, je me suis vue, obligée de vendre à perte à cause des rénovations trop importantes et du manque de liquidité et j’ai paniqué. Je sais qu’à moins d’une immense badluck (touche du bois, touche du bois!) je ne serai pas dans cette situation, mais il n’en reste pas moins que mon bilan est pouiche ces temps-ci.

Je vais lui faire une beauté cette année, promis. L’an prochain, tout ira mieux, j’en rirai et j’en ferai un article « 10 choses à ne pas faire quand on rénove ».

Mon mantra pour cette année: une fois que l’extérieur est fini, on est ok!

Répétez avec moi 😉

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Les chiffres et les filles

Si vous êtes une fille et n’avez jamais vécu une situation où votre habilité de compter a été remise en question parce que vous êtes une fille, vous êtes probablement une visiteuse du futur. Du vendeur de voiture au prof d’université, en passant par les monsieur-tout-le-monde qui pense être fins en t’expliquant quelque chose que tu comprends déjà, les occasions sont nombreuses de se faire dire qu’une fille et les chiffres, c’est pas sensé faire bon ménage.

La semaine dernière, j’ai voulu avoir les avis de pairs dans le domaine de l’immobilier. Ma question était simple et demandait simplement leur vécu avec une situation précise concernant le comportement d’un locataire. En gros, j’ai un locataire dont le logement est à rénover au complet, j’aimerais lui proposer un arrangement pour qu’il quitte de lui-même, avec compensation, plutôt que de passer par l’aspect poche de la régie (pour lui et moi). J’ai eu le malheur d’écrire des chiffres dans ma mise en contexte; en gros, que je comptais mettre 10 000$ dans la rénovation, que ce 10 000$ avait un potentiel de valeur de 20 000$ pour le bloc entier.

Vous auriez dû voir les réponses que j’ai eu:

« Avant d’investir, tu devrais faire des calculs » 

¨Ça vaut ben plus la peine de vendre le bloc que d’investir ce montant là »

Et autres réponses tout aussi paternalistes.

Comme si je n’avais pas fait mes calculs! Avant d’investir 10 000$ de mes liquidités, tu peux être CERTAIN que j’ai fait mes devoirs. J’ai fait des scénarios, j’ai planifié selon différents horizons, j’ai validé les lois et règlements, bref, crois-moi je suis blindée. Non seulement, j’ai pris la meilleure décision, au mieux de mes compétences, mais je suis aussi allée chercher l’avis d’autres experts.

Ce que je trouvais vraiment fumant, c’était que ces réponses-là, aucun gars n’y aurait eu droit. Deux jours avant que je pose ma question, un gars posait une question qui allait comme suit: comment déterminez-vous quel immeuble vaut la peine d’être acheté.  Une des réponses en top de liste: ceux qui ont des logements qui peuvent facilement être rénovés pour être reloués plus cher et faire augmenter la valeur du bloc.

Faque moi, la nounoune, je devrais vendre mon bloc, pour que des experts mâles puissent l’acheter et faire de l’argent. Parce que clairement, moi, je sais pas comment ça marche. Je sais pas compter, tout le monde sait que les filles et les chiffres, c’est pas un bon mélange.

les filles et les chiffres

Le stéréotype de la blonde et des chiffres

L’image est imprimé dans notre subconscient: la fille nouille, pas capable de compter. On se le fait répéter depuis le primaire: les filles sont bonnes en français, les gars en maths. Tu en viens à l’accepter.

Tu vas à la banque avec ton chum et le conseiller explique les choses plus à ton chum qu’à toi. Il fait un effort pour t’inclure, tu peux au moins lui donner ça, mais quand vient le temps de parler de rendement, automatiquement, ça devient un boy’s club.

Récemment, j’étais à un événement et un homme me dit à la blague, au détour d’une conversation:

« Les seuls chiffres qu’une femme comprend, c’est son numéro de téléphone »

Oui, c’était une blague, je le sais. Sauf que même quand tu comprends les chiffres et que tu le sais que tu es douée, à voir le monde douter que tu puisses l’être, tu te mets à douter toi aussi.

Reprenons les chiffres!

Pas besoin d’un bac en maths pour comprendre et maîtriser ses finances (dieu merci!), alors reprenons confiance! Réapproprions-nous les chiffres!! Exigeons que le conseiller nous explique si on ne comprend pas. Arrêtons de se dire qu’on ne peut pas comprendre parce que les maths, c’est pas pour les filles. Et quand quelqu’un se met à vous expliquer un concept que vous maîtrisez déjà (manplaining) arrêtez-le gentiment en lui disant: merci, je suis au courant. Si ce n’est pas pour nous, ça sera pour les prochaines.

Et disons aux emmerdeurs des groupes Facebook:

« Toi, retourne faire tes calculs »

#girlpower

 

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