Tu sais que tu commences à être un adulte pour de vrai quand tu te mets à stresser avec ton absence de REER.

Ben oui, parce que tout le monde sait que pour être un adulte, ça te prend deux choses:

  1. des rides/poches en dessous des yeux
  2. des REER

Accessoirement, tu dois aussi, pour être un adulte, trouver que tes parents avaient raison sur ben des choses et que 16 ans, c’est finalement vraiment trop jeune pour faire un choix de carrière.

Bref.

Donc là, tu es prêt à devenir adulte et tu te demandes:

Ça mange quoi en hiver, le REER?

Ne crains rien, je suis là pour toi, parce que moi aussi, je me suis posée la question et je t’ai tout pré-mâché l’information, pour que toi, tu n’aies plus qu’à accepter que tu es maintenant un adulte pis que c’est pas mal plus poche que tu pensais!

 

Un peu d’histoire

Le régime enregistré d’épargne retraite (REER),  c’est Canadien. Pas juste Québécois. Tous les Canadiens peuvent donc utiliser les avantages que procurent le REER (RRSP en anglais) pour épargner pour leur retraite, car oui, c’est prévu pour la retraite.

En fait, en 1957, en voyant l’espérance de vie augmenter passé 60 ans, les politiciens se sont dit:

Ça serait une mautadite bonne idée d’encourager l’épargne pour la retraite pour les travailleurs.

Et c’est ainsi que le REER est né, pour responsabiliser chaque Canadiens pour sa retraite!

Ça mange quoi en hiver, le REER?

Son utilité

Sa principale utilité est de mettre de l’argent de côté à l’abri de l’impôt pour l’utiliser à la  retraite, mais on peut aussi s’en servir pour la mise de fonds sur une maison ( avec le Régime d’Accession à la Propriété, le RAP) ou retourner aux études. Se sont les seuls façons de retirer sans payer une taxe sur notre retrait (en plus de l’impôt).

Tout l’argent qu’on dépose dans un compte libellé REER est source de crédit d’impôt. Pourquoi? Parce que chaque dollar que vous y déposez est soustrait de votre revenu imposable (jusqu’à ce qu’une certaine limite soit atteinte). En plus, votre argent placé dans un REER pourra croître libre d’impôt. Habituellement, quand vous investissez de l’argent, vous devez payer un impôt sur les gains en capital qui sont réalisés sur votre argent. Pas si vous investissez dans un REER!

Ces impôts seront payés quand vous sortirez l’argent, mais à ce moment-là (votre retraite, par exemple), votre revenu sera plus faible et donc, vous devriez payer moins d’impôts que vous n’en payiez aujourd’hui.

Est-ce qu’on achète un REER?

La réponse pourrait vous surprendre, car vous avez sûrement déjà entendu quelqu’un dire:

Je me suis acheté un REER.

ou encore:

J’ai investi dans un REER.

Moi, ça m’a mêlé pendant des années. Je pensais qu’on allait à la banque et qu’on disait à la conseillère:

Je veux acheter un REER, peux-tu m’en prendre pour 250$.

Et bam! L’affaire était dans le sac, on était maintenant des adultes parce qu’on avait des REER.

Mais non! Un REER, c’est un véhicule pour votre  épargne dans lequel vous pouvez avoir plusieurs produits financiers. On peut avoir un compte-épargne très simple qui est en mode REER, comme on peut avoir des parts d’un fonds d’investissement détenues en mode REER, en passant par un compte de courtage en mode REER. En fait, voici la liste des produits financier qui peuvent être utilisés dans un REER:

  • Compte épargne
  • Actions
  • Bonds (Canada, Québec, municipal, corporatif)
  • Certificats garantis de placement
  • Fonds communs de placement
  • Income Trusts
  • Fonds négociés en bourse
  • Monnaie étrangère
  • Fonds de travailleurs

Donc, vous n’achetez pas un REER, vous investissez dans des placements qui sont à l’intérieur d’un REER. À la Caisse/Banque, si vous dites au conseiller que vous voulez « prendre des REER », il y a de fortes chances que les fonds communs de placements soient ce qui vous soient recommandés: attention au frais de gestion qui grugent votre retraite!

 

Ça mange quoi en hiver, le reer?

Comment qu’on fait?

Tout d’abord, il faut calculer combien vous pouvez y investir chaque année. Le gouvernement nous donne droit d’investir un maximum de 18% de notre revenu admissible à chaque année dans un REER avec un maximum de 25 370$. Les calculs sont basés sur votre revenu de l’année précédente. De plus, les revenus de prêts et bourses ne sont pas admissibles et on doit être âgé de 18 ans et plus pour cotiser.

Il suffit d’aller consulter le petit document que nous fait parvenir le gouvernement fédéral à chaque printemps: l’avis de cotisation. Ce petit papier vous indique quel est le montant inutilisé de vos cotisations. Par exemple, si vous avez travaillé dans le passé, mais n’aviez pas utilisé vos droits de cotisations, ceux-ci sont reportés d’une année à l’autre, sans limite de temps (jusqu’à vos 69 ans).

Une fois que vous avez déterminé combien pouviez cotiser, vous prenez vos économies et décidez ce qui vous convient le mieux comme placement. La plupart des gens prennent rendez-vous à leur banque/caisse. D’autres ouvrent simplement un compte avec le FTQ/ la CSN et y versent leur argent. On peut aussi tout simplement acheter des parts dans un fonds mutuel. Si on est aventureux (et connaissant) on peut s’ouvrir un compte de courtage en ligne. Le choix du placement fera l’objet d’un autre article.

 

Et si je vous disais que je ne cotise pas pour le moment?

Eh oui. J’ai pris la décision de ne pas investir dans un REER pour le moment, préférant garder mes droits de cotisations pour plus tard. En effet, il y a une certaine notion d’optimisation dans le fait de « prendre » des REER ou non et pour le moment, ce ne serait pas optimal de cotiser à un REER pour le moment pour moi.

La plupart de conseillers à la banque vont vous féliciter de vous ouvrir un compte REER à 24 ans, mais la réalité, c’est qu’ils sont payés pour vous vendre leurs produits et que ce sont les produits REER qui sont le plus payants pour eux, car les banques font énormément de sous en chargeant des frais exorbitants.

Ce dont ils devraient vous féliciter, c’est de penser à épargner en vue de la retraite à votre âge, mais cela, peu importe le véhicule financier. Le REER est un outil qui n’est absolument pas à négliger, mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le seul outil pour épargner en vue de la retraite (mais c’est le principal!).

Pour ma part, j’ai calculé que mes droits de REER seraient mieux utilisés quand je ferais plus que ce que je fais en ce moment. Étant donné que le taux d’imposition marginal augmente avec les revenus, investir dans des REER sera sensiblement plus payant pour moi plus tard en carrière. Surtout que dans mon cas, j’ai encore de nombreux crédit d’impôt liés à mes études qui font baisser mon impôt.

Cependant, je ne perd pas de vu ma retraite pour autant! Simplement, je cotise à mon CELI à la place et ça, c’est une explication une explication pour un autre jour!

Passez le mot!
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